La galerie du VIA présente jusqu'à la fin Août une sélection de projets des écoles de design. Histoire de voir comment se porte la discipline en France. Pas si mal que ça apparement...
images du Codex Gigas (via le site de la Kungliga Biblioteket) côté A148 et considéré comme le plus grand et le plus mystérieux des livres. Le «logo» du Collège de France possède aussi comme symbole le livre. Et le logo de l'AGI est en caractère Narziss proche du Didot nom d'une grande famille d'imprimeurs et de créateurs de caractères.
Merci à Samuel Bonnet et Adrien Zammit pour cet excellent lien vers les cours de Roger Chartier sur Qu'est-ce qu'un livre? disponibles en ligne sur le site du Collège de France. L'accès sera aussi disponible via le lien dans la rubriques RESSOURCES de MerciGeorges. S'y retrouvent également un lien vers le nouveau site de l'Alliance Graphique Internationale (AGI) mise en forme très «modern revival» par le studio Spin, et un autre vers un site de VOD de films: Universciné. Vous pourrez notamment y voir le dernier film de Lionel Baier, Comme des Voleurs, prémice à une tétralogie Nord, Sud, Est, Ouest d'une Europe des sentiments...
En parlant de Codex, la très intéressante proposition éponyme de Béatrice Méline et Charlotte Cheetham dans le cadre de On n'enchaîne pas les volcans, un projet de Pavillon projects et Point De Fuite pour le Printemps de Septembre à Toulouse.: «De nombreuses structures éditoriales indépendantes (artistiquement) et autonomes (financièrement), renouvellent les formes, les formats, les modes d'adresse et de diffusion de l'objet imprimé. Cette "scène" se développe sous l'impulsion d'artistes, de graphistes,
d'auteurs, d'éditeurs et diffuseurs passionnés et engagés ensemble dans
l'émergence de projets singuliers, dans l'envie de donner corps à des idées et des gestes, sur papier. Dans un contexte de déclin de l'imprimé et d'effervescence du « tout numérique », ils nous invitent à chercher, toucher, explorer,
aimer ces objets vivants qui articulent des espaces, des langages et
des expériences. Codex est un projet d'exposition pour ces formes
imprimées ; un parc naturel pour ces histoires au bord du volcan.»
On a dit du tournage de L'Enfer qu'il portait bien son nom. Ainsi la scripte Nguyen Thi Lan raconte: «Clouzot voulait la bouche de Romy en gros plan. On a d'abord filmé la langue qui tournait autour de la bouche et ce
n'était jamais parfait... J'ai l'impression que nous avons passé une
journée complète sur sa bouche, peut-être plus. Et Romy s'énervait,
elle ne comprenait pas. Après avoir tourné avec tant de soin les
"Sissi", elle se retrouvait maintenant à faire tourner sa langue autour
de sa bouche à n'en plus finir» (Ghislain Loustalot).
Lubtchansky a également travaillé avec Claude Lanzmann sur son film Shoah (1985)
Ce qu'on oublie souvent c'est que William Lubtchansky était assistant opérateur sur ce film. Celui qui allait devenir le directeur de la photographie le plus couru de Paris a surtout aimé travailler avec des réalisateurs exigeants comme les Huillet-Straub, Godard ou Doillon. En 2005 il recevait un prix, enfin, pour sa photographie des Amants Réguliers de Garrel.
Grâce à certains blogs on peut retrouver son travail sur le noir et blanc, toujours impeccable, presque palpable et totalement dans l'illusion qu'est le cinéma. Ainsi sa collaboration avec Agnès Varda pour Elsa la Rose en 1965 (vu sur susauvieuxmonde). À revoir...
En parlant de scène d'archive, voici l'image intriguante de la pochette du disque de Roberto Cacciapaglia, The Ann Steel Album. Ce compositeur avant-gardiste italien, très prolixe dans la deuxième moitié des années 70, propose ici une collection de chansons électro-pop pour la top model Ann Steel. C'est étrange, intriguant comme un autre album de Cacciapaglia, Sei Note in Logica, qui répète inlassablement 6 notes de musique...
Autre joie d'archive vue sur le très généreux site de Tim de Brooklyn, le film d'Obayashi, Hausu (1977). Une ode aux effets X-OR et au psychédélisme japonais. Un montage totalement délirant qui fait d'ailleurs dire que ce bijou se situe «entre Méliès et Ryan Trecartin» (voir sa vidéo Wayne's World sur Ubu). La séquence suivante montre l'héroïne attaquée par un abat-jour de plafond et le tableau d'un chat. Le kistch le dispute aux collages surréalistes, c'est épiquement jouissif. Une merveille!
Edité et mis en forme par Liza Bear and Willoughby Sharp de 1970 à 1976, la revue AVALANCHE était un espace dédié «aux formes d'art, à la conversation et aux échanges». C'est maintenant une boîte en fac-similé disponible pour la modique somme de 150USD. De quoi errer dans les 13 numéros qu'a compté ce journal qui privilégiait le point de vue des artistes plus que celui de la critique. Et une mise en page très modern (avec un format qui ne l'était pas moins...espèce de cube en 2D)
Sur le site Vanity of the Vanities (décidément!) vous pourrez avoir un aperçu du numéro de Printemps 1972 avec ce cher Lawrence Wiener en couverture. Ce qui est intéressant de noter c'est que Bear et Sharp désignaient occasionnellement les pages publicitaires mettant en valeur les plus grandes galeries de l'époque. Cela maintient une cohérence graphique au magazine. (si les publications d'artistes vous intéressent, rendez-vous à Londres et à la Turbine: No Soul for Sale!)
Les chaleurs quasi-tropicales qui surchauffent les rivages d'ici et d'ailleurs appellent à un peu de fraîcheur et de rythmes digitaux, ré-inventions de sons passés mais pas si dépassés que ça. Le terriblement catchy Baby I'm Yours de Breakbot a été mis-en-coloriages-pastels par le studio Wizz et plus de 2000 peintures ont permis ce petit bijou qui n'est pas sans rappelé visuellement la pochette du mythique Forever Changes de Love.
La French Touch est assez éloignée pourtant de ces sons psycho-popo-folkish. Mais c'est justement le contraste entre une musique très électro-eighties-fresh et une mise en images à l'aquarelle des seventies qui provoquent le choc salutaire. La pochette de Love mixe, elle, les visages à la Mucha, moravien maître de l'art nouveau. On y retrouve le goût de l'époque pour ce revival d'un art moins nouille et ornemental mais plus mental et délirant qu'on n'imagine. L'organicité des rêves se retrouve formellement sur la jacquette de Forever Changes, opus grandiose de ce groupe américain de rock psychédélique des années 60 qui avait fait dire à Jim Morisson qu'il aurait souhaité que Les Doors soient as big as Love.
Sorti en 1967 sur le label Elektra, Forever Changes est comme le testament musical de son leader Arthur Lee. Des sons venus littéralement d'ailleurs (le groupe vit dans le manoir de Bela Lugosi, acteur fantasmatique connu pour son interprétation de Dracula) se mélangent aux rythmes pop et à la vibe folk de l'époque. Il faut aussi tendre l'oreille et entendre les textes de Lee qui sont d'une actualité alors prophétique (merci LK!). La Flower Power'tude ne masquant pas la lucidité sans doute mescalienne des paroles du titre A House is Not a Motel: «The news today will be the movies for tomorrow».
Longtemps confondu par beaucoup d'américains pour de la pop baroque, Love est à l'opposé totale d'une raffinement de façade. Leur musique est comme une odyssée clairvoyante, des chants, qui rappellent ceux de l'épopée homérienne, sorte de transes métissées, y tissent un ensemble diablement cohérent et hallucinant. À redécouvrir...
Comme une conclusion à ce très court état des lieux du générique comme morceau indépendant du film, la vidéo de Mike Maguire pour Frontier Psychiatrist (The Avalanches) est un gigantesque sample du film Polyester (1981) faisant des dialogues un nouveau matériau incarnant à la fois la citation et le jeu troublant de la reconnaissance de celle-ci. Quand on se souvient que Polyester est aussi un film en odorama et bourré de références aux films éducatifs des 50s-60s alors, peut-être, le vidéo-clip de Maguire prend-t-il une nouvelle dimension de citation dans la citation...
Stanley Kubrick, Dr Strangelove (1964, générique Pablo Ferro) et 2001 A Space Odyssey (1968)
Deux merveilles qui prouvent que le générique qu'il soit de fin ou de début peut être un très court-métrage en lui-même. Ni totalement résumé, ni complètement début, le générique s'encapsule dans le film sans totalement lui appartenir. C'est un lieu à part, une mise en bouche, préface ou introduction mais qui ne peut, encore une fois, être réduite à ça.
Le Grand Blond avec un Chaussure Noire d'Yves Robert (1972) n'est pas uniquement célèbre pour le dos nu vertigineux de la robe de Mireille Darc mais aussi pour le générique en cartes à jouer manipulées par Gérard Majax. Yves Robert y dévoilant sans doute la métaphore du menteur au poker comme celle de l'espion, et la manipulation comme l'art non unique du prestidigitateur.
Il faut donc voir comme un clin d'oeil le récent clip de Régis Roinsard pour le groupe Maison Tellier et leur single Suite Royale. Le fond noir est identique mais le manipulateur porte la classique chemise de cow-boy et les cartes jouent plus un rôle formel. La fin est d'ailleurs le morceau de bravoure avec le recto de la carte tournant comme la roulette de la vie de manière presque hypnotique. Magiciens, cow-boys et cinéma ont encore de beaux jours devant eux...
Le nouvel opus du réalisateur Gaspard Noé, Enter the Void, (sortie le 5 Mai) promet d'être un «trip psychélédique et un drame hallucinogène» (dixit Noé). Il suffit de regarder la bande-annonce qui rend un hommage décalé à celles de JLG (merci Brice!) ou aux lumières de l'underground...
Nadia Ehrmann, récemment diplômée de l'option Communication, est invitée par Arnaud Fourrier et le CAC Colomiers à une rencontre avec le public autour de la présentation de son travail et d'une discussion autour de la relation commanditaire/graphiste. Le 28 Mai à 14h à L'espace des arts.
Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour... est un film de Pascal Thomas. En plus d'être un des films français au titre le plus long (battu cependant par un film de 2005, Night of the Day of the Dawn of the Son of the Bride of the Return of
the Revenge of the Terror of the Attack of the Evil, Mutant, Hellbound,
Flesh-Eating Subhumanoid Zombified Living Dead, Part 3) est un film où évolue Julien Doré sorte de miroir de notre époque et en même temps véritable original comme semble le croire Jean-Yves Jouannais. Il faut donc admirer la scène d'introduction, avec l'accent sudiste, dans le salon de coiffure. Moment impeccable d'une «listologie» de la coupe.
Cet automne se tiendra la nouvelle foire PAP (Paris Art Picture) du 18 au 21 Novembre 2010. Entièrement dédiée à l'image contemporaine, la foire présentera une sélection de 40 galeries ayant un lien clair ou oblique avec la photographie, l'art digital et la vidéo. Comme dirait Breton cité par le communiqué de PAP: Changer la Vue, c'est un peu l'ethos de cette nouvelle manifestation. (info e.flux)
Le dernier vidéo-clip du titre Look du chanteur-barbu Sébastien Tellier est dessiné par le duo Mrzyk & Moriceau. Parce que la notion de criticism-trouvé est assez intriguante et trop belle pour ne pas en profiter, vu sur les échanges youtubesques à propos de ce clip: «Qu'est que le cul d'une femme qui pète si on n'éprouve pas de sentiments pour elle? Avec l'amour toutes ces Odeurs prennent un Sens profond... Bien meilleur que notre propre pet celui de notre Chérie nous excite avant de faire l'amour et nous apaise avant de s'endormir, après les odeurs de l'amour viennent les saveurs mmmmh ... Vive le cul de l'amour!!» (texte - Yolovema)
Le Henie Onstad Art Centre (HOK) consacre, jusqu'à fin mai 2010, ses salles au travail expérimental du compositeur américain John Cage. Pionnier dans son domaine et surtout pape de la composition basée sur le hasard et la non-détermination, il a réussit à radicaliser l'approche sénatoriale et classique de la musique tout en ayant des liens féconds avec le mileu de l'art. Le HOK permet donc de voir parallèlement à cette rétrospective, des travaux de Duchamp, Kelly, Flynt ou encore Warhol. De quoi prolonger l'aventure moderniste pour ceux que ça intéresse!