Le dernier repas

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Bruno Hauptmann last meal, images via flm, merci!

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Aileen Wuornos last meal

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Martha Beck last meal

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Timothy Mcveigh last meal


Les anecdotes qui dessinent la triste histoire des exécutions aux États-Unis semblent fasciner à plus d'un titre les passionnés de reconstitutions morbides. Il faut repenser à ce très beau film, période américaine, de Fritz Lang: Secret Beyond the Door (Le Secret derrière la porte, 1948) qui raconte l'histoire de Celia Barett, héritière tombant sous le charme de l'étrange Mark Lamphere. Ce collectionneur de «chambres» - dont la spécificité non moins étrange est d'être le lieu de crimes - raconte aux visiteurs attirés par ces curieuses Frevelkammern, comment celles-ci sont de véritables reconstitutions.

Reproduire le dernier repas d'un condamné revient à composer une nature morte des plus curieuses. Il faut imaginer alors et ensuite donner forme à ces menus qui, dans certains États comme la Floride ou le Tennessee, ne devaient pas dépasser une cinquantaine de dollars. Leur simplicité tranche parfois avec l'histoire du condamné ou plutôt de ses crimes. Elle dit surtout la tradition rigide qui précède l'autre rituel, électrique ou non, du dernier instant.

C'est pourtant à une autre histoire du goût que renvoient les «tableaux» de l'inconnu du site famouslastmeals. Celle de repas ordinaires, riches en lipides et glucides, ou spartiate, comme le café noir d'Aileen Wuornos. D'ailleurs il n'est certainement pas question de goût a proprement parlé, les journalistes et le cinéma entretenant la tragédie du dernier repas comme celle de l'ultime confession d'une réalité basique: je mange donc je suis, et celui ou celle qui va mourir n'est pas si différent de nous.

Les images de Famous Last Meals, renvoient à ces indices-là. Mais montrent aussi le goût de leur auteur pour la reconstitution de l'avant. Avant que le repas ne soit consommé. Avant les restes qui pourraient dire, aussi bien que la photographie de Payne cité par Barthes, oui, ça a été, il était vivant mais déjà mort...