octobre 2011 Archives

Werner Amann

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Werner Amann, Festival of Lights, Vancouver, c.2010

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Werner Amann, Seine, c.2010

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Werner Amann, Surf Fiction, 1997


Les photographies de Werner Amann sont comme des fragments d'un film éternel sur l'Amérique ou les Amériques: ces dernières frontières d'un continent qui déteint sur tout, diffuse ses trop grands paysages et son puritanisme faussé par un nihilisme côteouestien où poussières des déserts et résidus accumulés dansent dans des lumières trompeuses.


Albatross & Wuthering Heights

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photogramme extrait: Albatross (dir. Niall MacCormick), 2011


Albatross est le nouveau film de Niall MacCormick. Une romance à l'anglaise, bluette sans doute oubliable, mais qui a le charme Saganesque de cette jeunesse qui s'en va et se heurte en partant aux écueils des choses, laissant des bleus qui teintent tout le film.

À l'inverse, Wuthering Heights d'Andrea Arnold, présenté au Festival de Venise, est une revisitation magnifique du roman d'Emily Brontë. Un film écrasé de lenteur et de paysages romantiques qui personnalisent littéralement les sentiments, de mélancolie évidemment mais surtout de déchirement et de lutte: celle des moors (landes), cette terre à la fausse virginité où les brouillards sculptent tous les fantasmes, devenant la métaphore des batailles de classe et d'esprit dans une Angleterre encore corsetée de préjugés.



Database filmothèque

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Une belle base de données visible à la Filmothèque. Vaste ensemble d'affiches de films des plus rétro (peintes) aux plus contemporaines (parfois moches), en passant par quelques pépites comme celle de Banco à Bangkok (1964), sur fond de péril jaune comme on disait à l'époque.

L'intérêt de cette base de donnée réside aussi dans le résumé de chaque film. Une suite littéraire qui fera sans doute les prémices d'un prochain projet du studio officeabc, fasciné par le cinéma et ses matières...


Mourir auprès de toi

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Photogramme extrait de Mourir Auprès de Toi, (dir. Spike Jonze en collaboration avec Olympia Le-Tan), 2011

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Photogramme extrait de Mourir Auprès de Toi, (dir. Spike Jonze en collaboration avec Olympia Le-Tan), 2011



Le tout nouveau court-métrage de Spike Jonze est visible sur Nowness. Un bel hommage aux livres et à leurs couvertures et qui peut faire écho à l'exposition Culture Clubs qui avait eu lieu aux beaux-arts salle 108.

Mourir Auprès de Toi est un échange de bons procédés puisque le projet serait né d'une réponse d'Olympia Le-Tan à Jonze: il lui demandait un collage en tissu du livre The Catcher in The Rye, elle le lui a promis s'il acceptait de faire un film. Work for Work comme dirait nos amis d'Europa!


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De gauche à droite : De L'île à hélice à Ellis Island, 2003--2007, coll. Caldic Collectie (Rotterdam) ; Le serpent, 2009, coll. Frac Île-de-France
La projection par l'image, 2007--2010 ; AF et Pierre Leguillon, L'archipel (île N° 4), 2003--2008, coll. G+W (Heerlen)
Åbäke, Ryuto Miyake, Like the cow jumped over the moon, 2011.

Photo: Aurélien Mole. Courtesy des artistes, Motive Gallery (Amsterdam) et Marcelle Alix (Paris)

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Au premier plan : Plan des bateaux, 2011.
Derrière : Werner Herzog (photo de plateau), 2011.
Photo: Aurélien Mole. Courtesy de l'artiste, Motive Gallery (Amsterdam) et Marcelle Alix (Paris)


Très belle critique d'Emmanuelle Lequeux pour l'exposition d'Aurélien Froment, Paysages, Marines, Scènes de Genre, qui avait lieu au Musée d'art contemporain, château de Rochechouart:

«Une rétrospective? Pas question de transformer en enterrement la première de ses expositions dans un musée: Aurélien Froment n'a aucun désir de se figer, et son art en perpétuelle évolution ne soutiendrait pas de s'arrêter soudain. Chacune de ses œuvres rejoue la précédente, s'en inspire, la remet en perspective, la détourne de ses intentions originelles... Afin d'aider à prendre conscience de ce processus complexe de création, le musée de Rochechouart qui accueillait cet été le jeune artiste français se devait donc de réinventer la forme de l'exposition en accord avec les interrogations perpétuelles de l'artiste concernant l'image, ses usages et ses rôles. Lui permettre d'en faire le tremplin pour de nouvelles expériences. Dont acte.

S'il fait partie des plus prometteurs de sa génération de trentenaire, Aurélien Froment partage avec le théoricien Pierre Leguillon, un brin plus âgé et déjà montré à Vassivière, un même désir de sonder le monde du silence des images. Pour nous guider dans cette exploration, c'est un jeu sans fin qu'il proposait au château de Rochechouart. Qui dit jeu ne dit pas forcément loisir: le plasticien qui vit aujourd'hui à Dublin n'est pas de ceux qui s'adonnent à ces amusements faciles destinés à faire passer le temps. Il a plutôt mis en scène son exposition comme un long et fascinant casse-tête, qui fait frémir les neurones et restitue l'œuvre dans toute sa sophistication. Elle se dessine ainsi comme un château de cartes sans cesse recomposé en fonction des sensibilités et références de chacun, des échos qui résonnent d'une œuvre à l'autre : films, images, installations, toutes sont pétries d'histoires et d'allusions, du Fitzcarraldo réalisé par Werner Herzog à l'Ellis Island écrit par Georges Perec. D'une salle l'autre, on saisit peu à peu combien chaque projet porte les germes du suivant, le contamine, et l'éclaire rétroactivement d'un jour nouveau.

C'est dans un véritable jeu de cartes que se cristallise au mieux l'art digressif d'Aurélien Froment. Posée à l'envers sur une table, chaque carte est frappée d'une image plus ou moins anodine: oranger, ruine, masque, horloge, lumière, fauteuil, brique, gravure, esperluette, cactus, arbre, publicité, ruine encore, arbre encore... Certains de ces motifs se retrouvent dans des œuvres de Froment, d'autres surgissent de nulle part. Quiconque pénètre la salle peut s'installer à la table, et s'adonner à ce jeu en compagnie de ses compères. La règle est simple: il suffit de retourner à chaque fois une paire, puis d'inventer un lien verbal entre les deux clichés apparus, qui sache convaincre vos partenaires de la cohérence de votre réflexion et de l'évidence du rapprochement entre les deux images. Vous pouvez imaginer n'importe quelle fiction, vous lancer dans toutes les dérives intellectuelles, proposer des arguments délirants: tant que les mots sous-tendent la pertinence du duel, et que votre démonstration est acceptée par autrui, tout est permis.

Et si c'était un rébus? Mon tout serait alors comme une chasse au trésor, où le visiteur part en quête de mille coïncidences formelles et intellectuelles. Ainsi, collé sur le mur du long couloir du château, un papier peint s'inspirait des gravures contenues dans les manuels pédagogiques écrits à la fin du XIXe siècle par Friedrich Fröbel, l'inventeur des Kindergarten ou jardins d'enfant. Il a imaginé notamment des jouets de bois géométriques, destinés à favoriser l'inventivité des petits et à les aider à développer leur intelligence spatiale (certains historiens assurent même que nombre d'inventeurs de l'abstraction au début du XXe siècle auraient été nourris de ces inventions dès le plus jeune âge). Dans la salle suivante, les rectangles du papier peint sont à nouveau présents; mais ils ont été transformés en plancher de bois, composant au sol comme une mosaïque: avec ses bords qui semblent frangés, et risquent de se décomposer, ce parquet instable a été réalisé par l'artiste en collaboration avec Ryan Gander, autre grand maître de l'énigme.

Comme souvent chez Aurélien Froment, c'est le discours qui sonde l'image, et lui ouvre des horizons. Belote et rebelote, une mini-rétrospective des films réalisés par l'artiste prolonge cette prise de langue dans une salle réservée à cet effet. Là encore, les mots innervent la pellicule et lui ouvrent autant d'ailleurs. Démarrant comme un simple film animalier, aux images somptueusement banales, une variation documentaire sur la vie des méduses tourne peu à peu à la réflexion sur la notion d'exposition, et nous invite à reconsidérer l'ensemble du parcours: de l'aquarium à la vitrine de musée, il est plus d'une coïncidence. Dans une autre vidéo consacrée à la cité utopique d'Arcosanti, conçue au cœur du Texas dans les années 70 par une communauté de rêveurs-bâtisseurs, la parole performative du guide semble donner elle-même naissance à l'architecture. Chacun de ses gestes va vers un hors-champ, celui de la réalité de la ville que jamais la caméra ne capte vraiment, mais c'est son speech impressionnant de loquacité qui apparaît comme l'architecture même: du film, et des illusions qu'il est venu capter. Idem pour les balbutiements d'un gamin qui vient se poser en voix off sur un long panoramique décrivant une machine à papier ancestrale. Mais là encore, le très sérieux Aurélien Froment s'est fait joueur. Il a entrecoupé ces différentes vidéos d'interludes tournés à Rochechouart même: entre cinéma muet et Nouvelle Vague, deux jeunes gens, un homme et une femme, s'offrent une promenade au gré de la campagne limousine. Soudain, la salle de projection semblait percée d'une fenêtre sur la réalité. Une meurtrière, digne d'un château fort, destinée à lancer le regard vers l'horizon. Et une autre manière pour Froment de rebattre les cartes de son œuvre. Car ces saynètes sont remontées sous une nouvelle forme pour être projetées cet automne à la biennale de Lyon. Elles y sont cette fois cristallisées en un long flux, apparaissant comme une météorite dans l'exposition lyonnaise: de celles qui recèlent un alliage précieux dont l'on n'a pas encore percé tous les mystères.»


Mikkel Wettre

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Mikkel Wettre, u.t., Ostfold Kunstnersenter, 2010

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Mikkel Wettre, no title (table), In Memory of the Forest, 2009

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Mikkel Wettre, no title (table), In Memory of the Forest, 2009

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Mikkel Wettre, holy mountain, The Goblin's Raincoat, 2009


Mikkel Wettre cisèle ses objets sculptés qui, en retour de cette opération d'élagage précis, raconte des histoires. Ces indices sont le réel déformé mathématiquement, ils posent ici et là des repères pour fictions déclenchables ou non. Des instants figés par la matière, installés dans une romance avec les lieux d'expositions.


Peter ♥ Caspar

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Peter Rostovsky, Epiphany Model 1, 2000


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Peter Rostovsky, Epiphany Model 1, 2001


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Peter Rostovsky, Epiphany Model, The Meteor Shower, 2004


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Peter Rostovsky, Epiphany Model, The Meteor Shower, 2004


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Peter Rostovsky, Epiphany Model, The Photographer 2, 2008


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Peter Rostovsky, X-ray series, Ophelia, 2007


Il y a beaucoup d'humour dans le travail de Peter Rostovsky que ce soit dans ces peintures tirées de photographies au rayon X de peintures célèbres, ou ces micro-sculptures-points-de-vue qui renvoient, sur le mode de l'évocation amateur, aux toiles romantiques de Friedrich.

Se jouent ici les hyper-contrastes de la captation et de la captivation. Ce que l'on capte, ce qui fait de nous un spectateur, est parfois l'opposé de ce qui nous captive. Rostovsky joue sur les deux registres: nous devenons spectateur de spectateurs, nous voyons ce que la peinture ne montre pas mais ce qu'elle a capté.

Nous voilà devant la captivation d'autres, devant des paysages qui sont leurs envies et leurs motifs d'hypnose, petites personnes transformées en statues et faisant de nous de nouveaux grouillots devant des paysages qui éclatent leur hors-champ pour donner un point de vue neuf. Éclatant esprit de maquette qui n'est pas le monde réduit mais un nouveau genre de modèle.


Tomas Ramberg

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Tomas Ramberg, Siteset, C-print on aluminium, 2004

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Tomas Ramberg, Fake Night 6, C-print on aluminium, 2004

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Tomas Ramberg, Dysco: Crobar, Hand cut inkjet photograph on mirror tile mosaic on Sintra Board, 2007
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Tomas Ramberg, Fourmation 3, Oil (painted) and alkyd resin (screen printed) on custom made aluminum panel, 2003-2004

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Tomas Ramberg, Hypnosis Wallpaper, c.2010

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Tomas Ramberg, Hypnosis Wallpaper, c.2010

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Tomas Ramberg, Location Scouting, Ammerud Suburb, Oslo, Norway, c.2010

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Tomas Ramberg, Location Scouting, Ammerud Suburb, Oslo, Norway, c.2010

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Tomas Ramberg, Location Scouting, Community center/retirement Care Facility, Oslo, Norway, c.2010


Tomas Ramberg hypnotise avec ses images qui sont souvent des découpages, des camouflages ou encore des déformations très imagomorphosiennes! Une manière d'interroger et d'explorer les limites entre réalisme et surréalisme dans ces images qui peuvent être de simples instantanés nés de balades dans la banlieue d'Oslo ou encore des perceptions rendues, salies, redessinées, noircies. Comme si la matière même de l'image devait subir d'autres mutations que celle que l'état de «capture», initial, et propice à toutes les dérives.


Aimer la lecture

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Amid ruins of a London bookshop following an air raid on October 8, 1940, a boy reads a book titled The History of London (via toff)


Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature en 2010, publie son fameux discours de réception prononcé à Stockholm. Cet Éloge de la lecture et de la fiction est une suite de souvenirs qui ont tissé son métier d'écrivain depuis ses lectures en Amérique latine à son achat du Madame Bovary de Flaubert (à la librairie la Joie de Lire de François Maspero) : «C'est l'histoire d'une femme que la littérature rend rebelle, une femme insatisfaite de la vie, de l'amour, de la passion, qui se révolte contre la médiocrité. Il y a une métaphore merveilleuse dans son personnage: elle voudrait que la vie soit comme celle des livres qu'elle lit, et ça crée une espèce de divorce entre elle et le monde qui l'entoure».

Des livres et de la lecture Vargas Llosa pense qu'ils sont indispensables et puissants notamment face à une société embobinée par les images et leur langage: «Le langage de l'image est un langage très attirant qui vous donne beaucoup d'émotions instantanées, mais passagères. Très passagères. Seule la littérature, et notamment la fiction, peut vous donner la conscience que le monde, tel qu'il est, est mal fait, en tout cas qu'il n'est pas fait à la mesure de nos expectatives, de nos ambitions, de nos désirs, de nos rêves. Cette insoumission au monde tel qu'il est, seule la littérature vous la transmet, dès votre premier contact avec un livre, et ensuite d'une manière permanente, jusqu'à devenir une partie essentielle de votre personnalité. Et si l'on veut des sociétés qui soient libres, dynamiques, où fonctionne vraiment la démocratie, alors vous avez besoin de citoyens qui soient véritablement mécontents du monde tel qu'il est fait, qui aient soif d'absolu. La littérature provoque cela. Lire, c'est protester contre les insuffisances de la vie. Lire, c'est se mettre en état d'alerte permanent contre toute forme d'oppression, de tyrannie, c'est se blinder contre la manipulation de ceux qui veulent nous faire croire que vivre entre des barreaux, c'est vivre en sécurité.»

(extraits: Mario Vargas Llosa: Lire c'est protester, Le Point, 20 Oct. 2011)


Oscar Oscar

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Le très pratique et séduisant «porte-stylos» de notre ami Oscar Diaz est maintenant disponible sur le site de Doiy. La ronde peut commencer...

On appréciera aussi le projet Langage Commun, cette drôle de lampe qui s'inspire des bouteilles d'encre facetées, modèle d'équilibre sur bureau ou office, et qui fait des recherches et du travail d'Oscar une sorte de petite cantate formelle du quotidien dessinant sous mode profane ces objets auxquels on prête tant de pouvoirs.


Journée PF 27.10.11

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images officeabc (2011)


L'écartelage ou l'écriture de l'espace (d')après Pierre Faucheux. Une journée d'étude organisée par Catherine Guiral et Jérôme Dupeyrat avec le concours de Brice Domingues, et qui s'intéressera à cette figure de l'écart absolu telle qu'ont pu l'entendre les surréalistes et le génial graphiste: une forme possible de dépaysement, un contre-pied, un pas-de-côté que tenteront sans doute Laurence Moinereau, Philippe Millot, Thierry Chancogne et Jérôme Faucheux invités.

Le programme de la journée joue aussi des formes et des formats de l'écart (cf. images), convoquant notamment, dans sa présentation hic et alibi la figure de Robespierre sur un tapis persan et dans un miroir. Image(s) possible d'une hétérotopie comme écartement mais aussi comme écart tout court: distance de lecture, espace de l'imaginaire, de l'autre côté de.

Sur le grand format on peut ainsi lire: «l'image est un fragment remonté du portrait de Maximilien Robespierre peint par Louis Léopold Boilly aux alentours de 1791: elle s'inscrit dans un miroir de banquier, ou miroir de sorcière qui avait la double vertu de voir les ombres et les angles morts. Robespierre y est dépeint à l'opposé de l'image que l'histoire aura voulu construire de lui. Celui qu'on appelera l'Incorruptible illustrant ici, à la perfection, dans cette pose sociale typique du XVIIIe, la phrase qu'il prononcera en 1793 lors du Discours sur la Constitution: Pour remplir votre mission, il faut faire précisement tout le contraire de ce qui a existé avant vous. Un exergue qui ouvrira à l'Écart Absolu en 1965 à la galerie parisienne l'Œil.»

Au programme également une exposition du 28 au 30 Octobre: Culture Clubs: constellation et films de livres, traces de cette épopée graphique des Clubs qui aura asticoté les codes, bousculé le rythme, emprunté au langage du générique cinématographique, joué l'écart aussi et coloré la bibliothèque du gentil lettré du début des années 50 à la fin des années 60: cet amateur bibliophile achetant par correspondance des titres de tel ou tel Clubs; un principe de fidélisation qui, de nombreuses dizaines d'années plus tard s'est mué en une autre forme de collectionnite, recherche fébrile chez les brocanteurs de ces reliquats de Clubs dont l'intérêt fétichiste est certes évident mais souligne également cet intérêt renouvelé pour des objets aux formes toujours aussi intrigantes.

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École des beaux-arts de Toulouse
Salle 108
27•Oct•2011



Ebat au 104

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Marion Brusley et Kirill Ukolov option art seront présents à l'exposition de la Jeune Création du 6 au 13 Novembre 2011 au CentQuatre.


Phaeton

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David Wharry, Phæton, 16mm film, b&w, sound, 7'25, 1978


Oporto est un studio et une salle de cinéma qui propose des séances «uniques». La salle et la programmation sont organisés de manière exquise par Alexandre Estrela et Barbara Says. L'opus 25 est une projection de David Wharry, Phaeton, film étrange, lent, à la recommendation étrange qui pourrait rappeller celles de Desnos dans ses critiques (D)es Rayons et (d)es Ombres: «Regardez l'image projetée sur l'écran. Maintenant, projetez l'image sur l'écran. Ensuite, imaginez que vos yeux sont fermés, et que vous projetez l'image sur l'écran à travers vos paupières. Fermez les yeux. Imaginez que vous êtes en train de regarder l'image projetée sur l'écran. Ouvrez les yeux maintenant. Imaginez que vous êtes en train de regarder l'image projetée sur l'écran.»

«When a screen gets in contact with David Wharry's films, it becomes a photosensitive membrane that, like an Optogram (an image imprinted on the retina), registers the surrounding action. The screen works, then, as a memory mechanism, a record of Wharry's actions, unveiling the inner-senses of his humorous cinematic charades. It was in the late seventies that the author started General Picture, a series of episodes built from the rubble of noir and mystery films. This body of work is a bright and mysterious plot on the foundations of the moving image. Phæton is one of the few episodes of General Picture which can be viewed independently. In this short film, Wharry makes us focus on the space between the retina and the eyelid to reveal the origin of the image and the birth of the otherness.»

--Behind and beyond the eyelid by Alexandre Estrela


∆⅄⎈ Nº1

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Une nouvelle fantastique!

Conception, réalisation et production
François Aubart, Jérôme Dupeyrat, Charles Mazé, Camille Pageard et Coline Sunier
 
Édition et impression
Bat, 350 exemplaires, 14,8 x 21 cm
Prix : 12 € (10 € prix spécial de lancement au Salon Light)
Parution semestrielle
 
Diffusion
R-diffusion
Version numérique sur www.bat-editions.net


CC

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Collage Culture, une nouvelle collaboration de Aaron Rose, Brian Roettinger et Mandy Kahn. À mettre en rapport, dialectique ou non, avec l'excellent Monter/Sampler - l'échantillonnage généralisé (Centre Pompidou, 2000).


O K-T

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Olivier Kosta-Théfaine, Symphonie (flame of a lighter on ceiling), 2006-2009

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Olivier Kosta-Théfaine, Monde Sauvage, 2011


Olivier Kosta-Théfaine est un twister. Et vous pouvez voir sa première exposition parisienne, Monde Sauvage, à la galerie jeanrochdard, 13 rue des Arquebusiers dans le 3e à Paris.


Écrire assis

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images Pfeifer (2011)


Leonhard Pfeifer est un genre de designer qu'on ne voit plus. Paradoxalement traditionnaliste, empêtré dans une éducation classique en Nouvelle-Zélande faite de ces références à un savoir-faire classique, ses meubles pourraient n'avoir que cet aspect retour du Danish Style des années 50-60.

Il émerge pourtant des lignes parfois intrigantes, comme celles de ce Ravenscroft Bureau, massivement léger et forcément photographié dans des intérieurs évocateurs. Un table à écrire qui convoque à la fois le bureau d'écolier et le plateau de l'administrateur. Une vision sculpturale à la Barrie et qui fait de ce monolithe évidé un never never office.


L'Americana urbaine

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images Jonnie Graig pour U-O (2011)


Le photographe londonien Jonnie Craig a récemment shooté la campagne publicitaire de la marque Urban Outfitters. Une longue errance dans les paysages de Dartmoor à l'extrême sud de l'Angleterre. Forcément les visions romantiques déroulent leurs charmes et on pourrait presque sentir ce léger sens Malickien de la nature divinement puissante.

Craig a aussi complété une série photographique (publiée chez Dokument Press au printemps prochain), manière de revenir à ses premières amours et sa fascination tangible du lifestyle des amateurs et professionnels du skate-board.

Finalement c'est un peu de cette Americana idéalisée qui transpire dans les travaux de ce jeune photographe. Prometteur et tendance!


FIAC & SALON

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Évidemment à ne pas rater, si vous êtes parisien ou si ces fameux week-ends découvertes vous tentent!


Ha sii

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Merveilleux article de Jordan Goffin sur le non moins prestigieux blog de la Bibliothèque de Providence dont je vous donne ici une version traduite et légèrement éditée. On se rappelera les expérimentations d'Henri Chopin, mais aussi l'art populaire de faire des images avec des signes (cf. les images-tapisseries de Rosaire J. Belanger) et l'on réalisera que l'ASCII (American Standard Code for Information Interchange) inventé en 1961 par Berner a largement été détourné pour devenir, par anticipation, une copie de l'art des enlumineurs.

«Quiconque a passé du temps devant un ordinateur est probablement familier du Ascii Art, une forme d'illustration dont les éléments de base sont les caractères typographiques [du code ASCII]. Mais l'idée de construire une image à partir de simples lettres est bien plus ancienne que la création de l'ordinateur. Voic trois exemples de notre collection:

Le Die So Nöthig Als Nützliche Buchdruckerkunst und Schriftgiessery (1740-45) de C.Gessner est un manuel d'imprimerie copieusement illustré de gravures sur cuivre. Pourtant en y regardant de plus près, vous noterez que la méthode d'illustration dans le livre n'est pas la gravure mais bien l'usage de signes typographiques composant (littérallement) un univers d'ornements en plomb.

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Christian Gessner, Die So Nöthig Als Nützliche Buchdruckerkunst
und Schriftgiessery, 1740-45 (
image via la bibliothèque de Providence, merci!)



Cette feuille, imprimée en Espagne (Valencia) un peu après 1750, suit le même principe de composition. Elle fait partie d'une série de quatre feuillets aux expérimentations typographiques élaborées et imprimés à Valencia entre 1760 et 1770 et conservés dans la Collection Updike [...]»

Et si l'on poursuit la lecture du billet de Goffin, on découvre que l'image de la Tour avec des yeux en O O a été reproduite, magie du télescopage temporel, sur un vieil ordinateur et imprimée sur papier pin fed avec imprimante dot-matrix (ancêtre des imprimantes à jet d'encre). Comme quoi pour paraphraser Lavoisier: rien ne se perd, rien ne se crée, tout se recycle.

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image bibliothèque de Providence (merci!)

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Popular Science, june 1939 (image modernmechanix)


P#1 APPENDIX-A

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sampling des notes de mémoire de «coab», une belle façon d'appréhender les notions
de collages, de grotesque et d'assemblages  (merci!)


PROJET 1 / Appendix-a


En plus de recherches sur les notions de sample et de montage, il est recommandé de jeter un œil sur les deux collages ci-dessus. Une manière de comprendre que les «constructions de monde(s)» ne sont pas simplement des accumulations totemiques, mais procèdent des hasards de l'imagination tout autant que de l'esprit d'association.

Il en est ainsi de la notion de clipping. Si l'informatique en a fait la méthode du hors-champ des jeux vidéos, le mot anglais définit aussi ce goût de la découpe pour des raisons sentimentales, pratiques, informatives. Mais aussi plastiques. Des fragments (souvent de journaux), se juxtaposent pour produire de nouveaux contenus.

L'insconscient collectif retient ces images de journalistes, de détectives ou de suspects conservant au mur des extraits d'articles, des images, construisant comme un autre Atlas de connections possibles ou inattendues. Ce que feront Gysin et Burroughs dans leurs expérimentations et compositions littéraires basées sur le principe du cut-up.

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 Gysin, Burroughs, Third Mind Collage, 1965

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Jimmy's Room, in Quadrophenia, un film tiré de l'opéra éponyme des Who, 1979

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found2, l'assiette comme montage

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found3, le mur clippé


Tom Pope

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Tom Pope, The Scrivener's Obsession, work in progress, c.2010

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Tom Pope, Blinded by Amor, c.2010

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Tom Pope, The Escapades of the Higher Man, c.2010


Tom Pope est un vidéaste et photographe en quête de légèreté. Une quête absurde dont il rend compte dans ses films et ses images: moments de bascule comme si la légèreté était aussi affaire d'équilibre et de répétition. Une précarité en somme, dont le réel rend compte pris comme décor-otage des performances, souvent lentes, parfois abruptes, de Pope.



Post Document

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Rémi Parcollet, Aurélien Mole et Christophe Lemaitre produisent la publication Postdocument, «centrée sur la photographie d'œuvres d'art en situation d'exposition. Disponible sous forme de fichier pdf téléchargeable et imprimable gratuitement, elle présente une organisation d'images réalisées par des amateurs ou des professionnels accompagnées d'une légende développée. Pour chaque nouvelle revue, la sélection et l'organisation des photographies d'exposition rassemblées est réalisée en regard de l'une des 16 entrées permanentes qui composent les légendes des images publiées dans Postdocument. Ainsi, pour le Postdocument #1, présenté au Cneai de Paris en novembre 2010, l'entrée choisie était Titre de la pièce; et la revue rassemblait une sélection de photographies hétéroclites capturant toujours une même œuvre, Untitled (stack) de Donald Judd. À terme, Postdocument comportera donc 16 numéros.»