Sur F.R. David

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The iditorial issue (Will Holder)


F.R.David est un chanteur français né à Menzel Bourguiba en 1947. Il fera partie du groupe Les Variations. Son tube Words (1982) sert de résonance astucieuse à la revue publiée depuis quelques années par de Appel Arts Centre. Elle est mise en page et surtout pensée par Will Holder qui a choisit la première phrase de la chanson Words comme essence de cette publication intitulée F.R.David: Words Don't Come Easy est d'une certaine manière la réponse au confucien Une Image Vaut Mieux que 1000 Mots.




En 1967, F.R.David (le chanteur) a écrit Symphonie. Le scopiton, au séquençage multi-plans et à la scénographie de salon, rappelle le générique de la Nuit Américaine avec un rayon d'onde rouge presque disneyien. Cette musique au faux rythme yé-yé, «prend la dimension d'une symphonie» fanatique si, comme Will Holder, on reprend les paroles de Symphonie.

Elle fait aussi penser à la musique de François de Roubaix. Musicien français hors-catégorie qui aura écrit la musique des films les plus curieux du cinéma. Comme celle du film La Peau de Torpédo (1971) de Jean Delannoy au générique très écho-F.R.Davidien (la revue). Ainsi Iditorial (dyslexisme splendide!) paru hiver 2009 montrait trois yeux ouverts en couverture. Ou plutôt un regard surmonté d'un troisième oeil comme dans la légende du Cyclope. Peu étonnant car la revue reprenait, pour ce numéro, le cycle musical de KarlHeinz Stockhausen basé sur les mythes grecs des jours de la semaine.




L'affiche de La Peau de Torpédo fait de l'oeil un canon, l'orifice de celui-ci se substituant à l'orbite de celui-là. Le regard-qui-tue. L'oeil-revolver de la chanson de Marc Lavoine. L'oeil surtout, comme chez le Cyclope, qui vise, met en joue, une cible invisible. En anglais le film de Delannoy fut traduit The Deathmakers, les faiseurs de morts. Ou. Les Fabricants de mort. Et on pourrait imaginer que les yeux, comme ceux de la Gorgone, sont des faiseurs de morts. Des faiseurs de statues de pierre.


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C'est un drôle de pouvoir que l'on accorde au regard. Celui de viser et de statufier. Mais peut-être est-ce parce que le regard trie. En tous les cas il choisit. Ne voit pas tout. Le regard vise et lis. Et cette visée de lecture c'est la puissance du regard. Celle de chercher ce qui n'est pas encore, de figer, d'éliminer donc de cadrer. Et de fenêtre en fenêtre de recomposer par ces images visées une vision...


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Les trois yeux de F.R.David c'est aussi l'oeil de Paul Rand. Oserions-nous dire un visionnaire? En tout cas le rébus Eye / Bee / M pour IBM joue de cette synthaxe visuelle chère au pionnier du modernisme américain. L'oeil qui peut être entendu comme I, comme Je. Car c'est Moi ce regard surpris ou étonné. Qui scrute. Pour mieux viser...