•Sujet 3 -Appendix-d

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Benoît Bodhuin, les posters animés, motifs kaléidoscopiques


Certains d'entre vous ont déjà fait cargaison de mini-films en stop-motion. En voici quelques autres pour la route afin de vous décomplexer et surtout de vous inciter à être aussi inventifs.
Le stop-motion qui descend en droite ligne de la proto-animation est maintenant pas mal utilisé dans le monde du vidéo-clip où les réalisateurs s'en donnent à coeur joie. MG en avait d'ailleurs déjà parlé dans un VideoRoll mais ceci est l'occasion de revenir sur des films souvent complexes de réalisation et à cheval entre les techniques, ce qui ne les empêchent pas d'appartenir au genre de l'animation expérimentale.

Ainsi le vidéo-clip Sledgehammer (1986) réalisé pour le chanteur Peter Gabriel et qui a fait les grandes heures de MTV. Bourré de références c'est un vrai petit chef-d'oeuvre. Mais l'essentiel reste tout de même les premiers films expérimentaux qui ouvriront la voie à des réalisateurs majeurs comme Stan Brakhage. Regardez les études sur le mouvement et la forme d'Hans Richter (Rhythm 23, on en a déjà parlé) ou encore Viking Eggeling et sa Symphonie Diagonale (1921 tout de même). Ces dadaïstes de la première heure réinventaient, en l'explorant, l'art du cinématographe, cette machine issue des essais de Muybridge ou Marey et qui allait devenir bien plus qu'une invention sans avenir.

Ainsi dans le film Dreams That Money Can Buy (série de courts par Duchamp, Richter et consorts en 1947) Fernand Léger raconte l'histoire de la fille au coeur pré-fabriqué (The Girl With The Prefabricated Heart) en une série de photogrammes s'animant comme par magie. Voyez encore le film Swinging the Lambeth Walk (1940) de Len Lye, réalisateur néo-zélandais méconnu des années 30 qui improvisa avec le Gasparcolor et fut le pionnier du direct-film, c'est à dire du film fabriqué directement à partir de et sur la pellicule (grattage, brûlage, peinture, etc.)

Plus conceptuel, le film de George Maciunas de 1966, Fluxfilm 08, qui comptabilise simplement le nombre de photogrammes qui le composent. Ou encore le film Four de Yoko Ono qui divise le cadre par la ligne mouvante des fesses qu'elle filme en gros plan créant ainsi du Fontana trouant... Un hommage à Guy Debord (ou pas) est aussi donné par le film Zen For Film de Nam June Paik (1963) qui présente un écran blanc, sorte de hors-champ magistral dans le champ et que n'aurait pas renier un Hitchcock coutumier du fait (voir son film de 1941 Suspicion et la scène mythique du verre de lait).

Vous pouvez vous engager dans ces voies ou préférer des réalisations plus économes et pas forcément moins fines. Entre le stop-motion ultra-élaboré (merci Loïc!) et le stop-motion basique, il y a un spectre de possibilités immenses. Pensez d'ailleurs à (re)voir la vidéo du clip The Robots pour le group Kraftwerk (1977!). Et celle de l'amateur Justin Cale Martinez pour les Mostly Bears et leur titre People's Distinctive Travels. Ou encore les 20 première secondes du vidéo-clip d'Elo, Wishing. Enfin la vidéo de Kris Moyes est à analyser absolument, un véritable jeu de patience à participé à la réalisation de cette petite merveille typo-visuelle. Aucune comparaison avec le film Circular Tensions d'Harry Everett Smith (1951), sorte d'hommage sublime d'un mystique folkloriste au travail d'Oskar Fischinger et à l'abstraction mouvante des années 50. En avant!








































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