octobre 2009 Archives

Hirst Tsrih

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Toujours et encore dans la notion extensible du double, IArtistLondon propose à ses visiteurs de fabriquer leur propre réplique de la fameuse et controversée oeuvre de Damien Hirst, For the Love of God.
Potacherie ou vrai questionnement sur la reproductibilité d'une telle oeuvre, there is something definitely rotten in the state of art... et ce n'est pas le pauvre Yorick qui nous contredirait dans cette bataille d'Hernani entre vrai et faux, entre illusion et réplique.


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iHirst, 2009


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illusion d'optique pour faire apparaître le crâne de Yorick, le fou du Prince Hamlet dans la pièce éponyme de William Shakespeare.


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John Batten, The Skull of André Tchaikowsky, c.1990


En 1982, le compositeur Andrzej Czajkowski disparaissait. Un de ses amis retrouva alors un testament écrit en 1979 qui comportait une clause bien curieuse. L'alinéa 13 de ce formulaire testamentaire standard stipulait que le compositeur voulait qu'à sa mort, son corps soit donné à la science à l'exception de son crâne qui devait devenir la propriété de la RSC (Royal Shakespeare Company). Amusante vanité qui fut finalement exaucée, mais on dû attendre 2008 pour que David Tennant tienne réellement le «crâne d'Andrzej» devenu le temps d'une représentation d'Hamlet par la RSC, le crâne du pauvre Yorick.


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David Tennant tenant le véritable crâne du compositeur ce qui lança une polémique turbulente dans les rangs des critiques de théâtre anglais (cf. David A.Ferré, The Other Tchaikowsky, 1991)


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le 8 Avril 2008, la photographie de Philippe Halsman, Crâne et Dali (série Skull, 1951) s'est vendue à plus de 15.000 US$, version moderne de la vanité?


Les crânes dénotent logiquement la mort et connotent aussi au travers de l'histoire de l'art la notion du Vanitas Vanitatum Omnias Vanitas (Vanités des Vanités, Tout n'est que Vanité) qui nous rappellent que nous sommes de simples mortels... hélas! Logiquement les artistes s'en sont emparés et on a pu ainsi se réjouir de ces visions morbides, jusqu'à une fantastique pièce de Subodh Gupta, véritable plagiat par anticipation et antagonisme de l'oeuvre hirstienne.


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de haut en bas, Gabriel Orozco, Black Kites, Andy Warhol, Skrull, Philippe de Champaigne, Vanité, Damien Hirst, For the Love of God)


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Subodh Gupta, Very Hungry God, 2006 (en haut entre le collectionneur François Pinault et Dasha Zhukova la femme du magna du football Roman Abramovitch dans la nouvelle galerie-lieu d'art moscovite Le Garage) (en bas vue du crâne au Garage et à l'Eglise Saint-Bernard à Paris)


Enfin puisque l'imitation et la redite sont aussi des stratégies humoristiques (pensez à Buster Keaton!), un nouveau genre de crâne et de méditation sur le temps toute Hamletienne du photographe amateur Eric Zuckerman...




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Eric Zuckerman, Hamlet had Yorick's Skull. I have a Lava Lamp©, 1999



•Sujet 1 -Appendix-f

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Encore sur le double... l'excellente exposition du travail de Carsten Höller au Mac de Marseille en 2004 sur la notion étrange de symétrie au travers, littéralement, de treize oeuvres dont il est à noter que les Upside-Down Googles ne sont pas les plus intriguantes. (merci Alex pour le lien!)


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Carsten Höller, Une exposition à Marseille, 2004
(de haut en bas: Zollner Stripes, 2002 / (MAC) Phi Wall, 2002-04 / Sliding Doors, 2003)


En rebondissant

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À propos de la figure du sosie comme double parfois ridicule, parfois pathétique mais toujours représentatif de cette croyance populaire en la répétition comme moyen inconscient de rendre immortel, une série de doubles d'Elvis plus vrais que le vrai:


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Le personnage d'Elvis revient ainsi régulièrement dans le monde des Simpsons, il y représente une certaine vision de l'Amérique fabricante de mythes aux piédestaux fragiles et régulièrement détournés, pastichés ou parodiés.
Mais l'imitation peut aussi se faire hommage voir même vénération. Et on peut alors tout imaginer. Le sosie devient gardien du Temple, s'auto-parasitant pour ne faire plus qu'un avec l'original. C'est l'effet copie-carbone qui, vu d'un oeil critique décrit bien plus qu'une fanatitude.


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(merci Mr T!)







Pour poursuivre, je vous recommande la (re)lecture du livre de Greil Marcus, Dead Elvis: chronique d'une obsession culturelle où le personnage du King est observée comme un zombie hantant la société américaine et où l'on découvre aussi qu'une statue d'Elvis aurait été retrouvée sur la planète Mars...
Greil Marcus est aussi l'auteur du livre L'Amérique et ses Prophètes, et de Mystery Train. Sa vision du mythe elvisien est donc empreinte d'une analyse poussée du subconscient américain au travers de l'éclairage de celui qu'on considère encore comme l'un de ses prophètes les plus éternels.


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Kool Keith and the Teriyaki Boyz Verbal, Black Elvis, 2009


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•Sujet 1 -Appendix-e

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Vertigo Vinyl Record


En 2007 au Chelsea Space de Londres, un espace pour commissariats hors-normes, l'exposition #13 Vertigo mettait en relation le travail de Marcel Duchamp et celui de Mark Titchner. Lorsqu'il était étudiant, Mark Titchner ne connaissait pas encore le travail de l'artiste français et ses recherches cinétiques. À l'époque il écoutait Black Sabbath et avait acheté un vinyl du label Vertigo qui tirait son nom et son 'logo' de l'affiche célèbre de Saul Bass pour le film éponyme d'Hitchcock où l'idée de tourbillon et de spirale est primordiale.


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Le chignon spiral de Madeleine dans Vertigo devient un motif leitmotiv qui implique un vertige salutaire mais dangereux chez le héros Scottie. (merci le cinéclub de caen pour la référence!)


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Saul Bass, Vertigo, poster design, 1958


Le vinyl en question, un 33T, sublimait une invention du concours Lépine sur les mouvements giratoires dont Marcel Duchamp avait tiré ses expérimentations: les fameux Rotoreliefs (c.1920). Les premiers disques Rotoreliefs duchampiens apparaissent pour la première fois dans le film Anémic Cinéma où ils alternent avec des disques comportant des inscriptions calembouresques. Marcel Duchamp précisait à propos des Rotoreliefs qu'il fallait les faire tourner à une allure de 331/3 révolutions par minute pour obtenir de curieux effets de reliefs, de profondeur et d'illusion optique.


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Marcel Duchamp, Rotorelief 1949, from Marcel Duchamp by Robert Lebel, fig.40



1161041496_e250241401_o.jpgMarcel Duchamp, Rotoreliefs, c.1920



Le travail de Titchner s'est concentré sur l'effet hypnotique que provoque aussi, sciemment, les expériences de Duchamp. Il a alors comparé ce travail (là encore une sorte de plagiat par anticipation prend place - si vous avez bien lu vos textes!) avec celui de l'artiste Brion Gysin et du scientifique Ian Sommerville qui inventèrent en 1958 (année de la sortie Vertigo!) la Dreamachine (Dream Machine, machine à rêves) qui permettait à son utilisateur de s'inventer un espace de mondes parallèles dans une sorte de cinématographie interne (la Dream Machine fonctionne sur le principe de la Lanterne Magique).



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Brion Gysin et Ian Sommerville, Dreamachine, 1958


Titchner voyait dans l'art non-rétinal de Duchamp une allusion par avance au fait que la Dreamachine doit s'expérimenter les yeux fermés. C'est en effet les pulsations de la lumière qui permettaient de rentrer dans une sorte de transe évocatrice.
Mark Titchner a donc réalisé Ur Text, un hommage gémellaire aux recherches de Duchamp et à la machine de Gysin-Sommerville. Une sorte de nouvel espace d'hypnose-vidéo qui revisitait ses influences; une distillation intelligente où l'on retrouve le motif giratoire du vinyl Vertigo comme hélice sans fin vers des abysses éternellement renouvelées.


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Mark Titchner, Ur Text, 2007


Ces exemples doivent vous permettre de comprendre les mécaniques qui se mettent en place lorsque l'on parle de faux-jumeaux, de remake, de reflet et de la notion de refaire. Votre travail est vraiment d'aller au-delà des évidences ou alors d'en tirer partie. Dans tous les cas, prenez position et soyez judicieux.





•Sujet 1 -Appendix-d

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La notion générale de double peut aussi vous faire rebondir sur l'idée de remake. À ce propos, une exposition intéressante aura lieu à la galerie James Taylor (Londres) du 14 Octobre au 01 Novembre 2009: MELROSE PLACE JT PROJECT 09.

En 1995 l'artiste Mel Chin et un groupe d'étudiants de la CalArts (Los Angeles) et de l'Université d'Athens en Georgie ont crée le Comité GALA afin de collaborer avec les producteurs et les scénaristes de la série télé Melrose Place et de leur fournir des oeuvres d'art qui seraient intégrées aux décors de la série.

En parallèle direct avec la diffusion récente sur les chaînes américaines d'une nouvelle version de Melrose Place; l'exposition à la galerie J.Taylor jouera son rôle de remake du projet GALA.
Les versions originales des épisodes de la série seront présentés dans un appartement à la fois espace de travail et espace d'exposition, à mi-chemin entre le domestique, le théâtral et le fictionnel.

Sept artistes diplômés de la Central Saint Martins présenteront leurs oeuvres dans cet environnement et rejoueront ce que leurs aînés CalArtsiens avaient déjà mis en place: le parasitage d'un lieu fictif pour une auto-promotion-spectacle.


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Mosquito Brooch, silver, glass, steel, 3.75x1.75x7.5 inches


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Melrose Place, ep. Moving Violations, 1996


Pour vous donner un aperçu de la perversité astucieuse du Comité GALA, l'épisode Moving Violations diffusé le 23 Sept. 1996 racontait les relations houleuses entre le personnage de Jane et son ennemi juré Richard. Après un accident, Richard est retrouvé mort. Jane part l'identifier à la morgue et pour être certaine de son décès, elle le poignarde de nouveau avec un objet designé par GALA: la fameuse broche Mosquitoo, une référence à la fièvre jaune transmis par le moustique Aedes Egypti, autre référence à un épisode antérieur où la grand-mère d'une amie de Jane lui offrait une antiquité égyptienne: une broche...

Cette stratégie du remake est intéressante car elle pose le modèle comme objet d'imitation voire de sublimation. On peut trouver pléthore d'exemples, un dernier cependant qui détourne son original de manière formelle sans vraiment en avoir compris le sens initial.
Jean-Luc Godard en 1963 signe un film qui deviendra un monument de la Nouvelle Vague. Le Mépris est l'histoire d'une histoire sur l'incommunicabilité et sa scène d'ouverture est devenue anthologique. On y voit Brigitte Bardot nue sur un lit détaillant son anatomie à Michel Piccoli. Cette scène a été exigée de Godard dont on imagine le peu d'intérêt pour l'érotisme bourgeois. C'est donc une caricature. Une critique. Et Godard joue de filtres colorés primaires pour rythmer ce lent très lent travelling sur Bardot.






Une trentaine d'années plus tard, c'est Chanel et son spot publicitaire pour le Rouge Allure qui revisite et refait la scène du Mépris. Les travellings sont quasiment les mêmes, la musique bien sûr est identique et rend la confusion plus palpable. C'est pourtant un faux-jumeau qui détourne le sens de la séquence et lui retire toute sa fantaisie... ou pas.





•Sujet 1 -Appendix-c

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Michel François, Faux-Jumeaux, S.M.A.K 10.2008 - 01.2010


4204fauxjumeaux2.jpgMichel François, Faux-Jumeaux, S.M.A.K 10.2008 - 01.2010



«En 2008, Philippe van Cauteren a donné carte blanche à Michel François pour la programmation de deux salles du musée du SMAK. Michel François a choisi deux salles identiques et a baptisé son projet Faux Jumeaux. Une quinzaine de personnalités est invitée à choisir chacune un duo d'oeuvre 'jumelles' d'un point de vue formel et de les exposer simultanément dans chacune des deux salles. Cette ressemblance de formes, de matière, d'assemblage, de texture entre les deux œuvres (plastiques, cinématographiques, littéraires, médiatiques ...) devra être accidentelle. Ces propositions feront l'objet d'un livre à la fin du processus, en octobre 2009. La présentation changera chaque mois : des duos seront ajoutés, d'autres seront supprimés. Les commissaires invités (Loïc Vanderstichelen, Daniel Mc Lean Joël Benzakin, Yves Brochard, François Curlet, Guillaume Désanges, Lea Gauthier, Jean-Paul Jacquet, Laurent Jacob, Rainier Lericolai, Raya Lindberg, Christine Macel, Frank Maes, Hans Theys et Philippe Van Cauteren) viendront débattre publiquement de leur sélection de Faux Jumeaux tout au long de l'année.» (© Raya Lindberg, Bruxelles, mai 2009)





Le Pari

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J-A. Boiffard, Papier collant et mouches, 1930 (illustration pour l'article de Georges Bataille, L'esprit Moderne et le Jeu des Transpositions, in Documents, 1930, nº8, p.488)


Le mercredi 28 Octobre, le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman sera au Pari, à Tarbes à l'invitation de l'École supérieure d'art et de céramique. «Il animera une conférence sur le thème de Rendre une image. Ses recherches les plus récentes (Quand les Images prennent Position) dévoilent une politique de l'image dans laquelle prendre connaissance est prendre position».


Dessiner le Design


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Les frères Bouroullec, dessin



Du 22 Octobre au 10 Janvier 2010
Dessiner le Design au Musée des Arts Décoratifs.


Quel rôle le dessin conserve-t-il à l'heure de l'ordinateur ? Face aux bouleversements techniques qui ont renouvelé la pratique du design, il s'impose de réfléchir à ce que le mot dessin veut dire aujourd'hui, et plus particulièrement dans le cadre d'une collection d'arts graphiques, comme celle des Arts Décoratifs.

Après un temps d'abandon, consécutif à la découverte du dessin et de la conception assistés par ordinateur (DAO et CAO), on observe actuellement, auprès d'un certain nombre de designers et dans les écoles de design, un retour volontaire vers le dessin manuel. Si la communication du projet et le transfert des données vers l'entreprise exigent aujourd'hui un langage informatique, il existe néanmoins un retour à la pratique du dessin manuel initial.
Le dessin est un outil de recherche : on crayonne sur les traits de départ, jusqu'à trouver la forme juste. Puis, au cours des étapes suivantes, différentes méthodes de travail apparaissent. En fonction des objectifs et de l'urgence du projet, certains se satisfont de l'outil informatique, qui permet une réelle facilité et rapidité du tracé, quand d'autres préfèrent conjuguer la main et l'ordinateur, selon des méthodes plus longues et personnelles. L'usage de l'outil informatique permet la création de formes complexes, trop longues à dessiner manuellement. Il semble même que l'on puisse parler de « styles informatiques » comme on a pu parler auparavant du style ou de l'écriture des créateurs. Si l'on en croit l'architecte Greg Lynn, inventeur du « bureau sans papier », on peut aujourd'hui attribuer le dessin d'un bâtiment à l'usage de tel ou tel logiciel : les courbes générées par Autocad, par exemple, sont différentes de celles qui sont dessinées par Vectorworks ou Catia.
Au travers de la présentation de projets récents, cette exposition analyse les pratiques du design actuelles, et les met en perspective avec des pratiques plus traditionnelles, afin de redéfinir la place du dessin préparatoire dans la genèse d'une oeuvre. (© texte MdAD)


40 ans et indémodable

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On s'en étonnerait presque mais la célèbre émission anglaise The Monty Python's Flying Circus, vient juste de fêter ses 40 ans. Presque aussi vieille que les Beatles, l'institution de l'humour tout britannique gagne à être revue et pas uniquement pour son humour, parfois un peu passé, mais surtout pour les animations d'un artiste à l'époque encore inconnu: Terry Gilliam.
Les génériques des épisodes du MPFC sont en effet des merveilles d'astuces, de montages, de collages totalement surréalistes rappelant un Max Ernst de la belle époque.
À voir et revoir sans modération!


•Sujet 1 -Appendix-b

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Bozell Worldwide, Renaissance Hotels ads, 2007


Pour poursuivre, la notion de reflet, de mimétisme peut aller jusqu'à la caricature. C'est le cas de la campagne de pub pour les Hotels Renaissance du groupe Marriott qui revisite des tableaux phares du Quattrocento italien à l'excès. Mais c'est aussi celui des sosies qui poussent le mimétisme jusqu'à essayer de coller au plus près de la ressemblance physique dans un jeu de miroirs qui ne laisse personne dupe.

L'artiste-poète de Cleveland, D.a. Levy, avait écrit dans les années 60 The Revolution Will Be Mimeographed (la révolution sera miméographée). Le miméographe, qui porte bien son nom, était un moyen de reproduction qui permettait de facilement refaire et refaire et donc de permettre des publications à bas coûts.
Que valent donc les Elvis et autre Marilyn, copies des originaux mais originaux eux-mêmes?
En anglais le mot sosie se dit look-alike (qui ressemble à) ou impersonator (du latin persona, qui désigne le masque de l'acteur). C'est un phénomène anglo-saxon né au music-hall (repris en France dans les cabarets dont celui de Michou) et qui a réinvestit le monde des fans. Les mythes on le dit ne meurt pas puisque leur double existe pour toujours.


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Alessandro Zuek Simonetti, Elvis Day, 2002 (Simonetti est un photographe d'origine italienne qui a photographié une réunion folklorique de fans d'Elvis dans son village près de Bassano del Grappa.


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Kenny Reeves, Elvis impersonator, Let Us Take You Back, Reno 2000


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concours de sosies de Marylin Monroe, Cincinnati, 2009



•Sujet 1 -Appendix-a

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Pierre Houcmant, Faux-Semblants, 2009


La notion de faux-semblants, d'imitation, de faux-jumeaux, bref de leurre pourrait être un point de départ de vos recherches pour ce premier sujet.
On sait depuis Platon et le mythe de Zeuxis que l'imitation est décevante pour ceux qui se laissent piéger. Cette mauvaise réputation n'est pourtant liée qu'à la question de l'interprétation et si l'on décide que l'illusion est existante, alors l'imitation du réel n'est plus seulement leurre mais aussi alter. Un espèce d'autre qui n'existe pas ou seulement lorsque nous convoquons nos propres croyances fabriquantes d'imaginaires réels.

Voir donc la très amusante exposition sur les Faux-Semblants qui a eu lieu à la galerie Elyseearts à Liège et qui présentait le travail du photographe Pierre Houcmant et sa fascination pour le double imaginaire.

(Re)voir aussi le travail de deux photographes diplômées du Royal College of Art de Londres. D'abord celui de Brigida Mendes qui pose la question de la réalité et sa représentation. Son approche ironique, voire comique, pour sa série 05/2 tente de tester l'acuité du spectateur en créant une image qui glisse entre l'illusion et le réel. On croit revoir ses instants-magiques créés par Georges Méliès et on finit par se demander ce que l'on observe...



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Brigida Mendes, 05/2, 2009


Le travail de Caroline de Vries lui est presque similaire mais vous aurez compris que les similitudes sont a réinterroger! La photographe joue sur la notion de ressemblance inconnue. Sa série Unknown/Known (Connu/Inconnu) est une plongée dans une gémellité de façade où photographies trouvées et photographies rejouées permettent de créer des portraits de doubles-anticipés. Entre les deux images, un abysse, celui du rôle de la reproduction.


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Caroline de Vries, Unknown/Known (Dyptich), 2007


Plus ludique, le travail de Julia Grassi, photographe elle aussi à Londres, qui dans sa série L'illusion ou le Paradis Artificiel fait des Dolomites un lieu de réactivation magique. Ainsi les portraits de Johan qui devient une sorte de nouvelle Vénus invertie prêt à replonger dans les eaux aux écumes créatrices.


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Julia Grassi, Johan in L'illusion ou le Paradis Artificiel, 2007-08



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Sandro Botticelli, La Naissance de Vénus, c.1485



É.173

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Adeline Debatisse, DSAA Olivier-de-Serres, Vive la Décroissance!, 2009


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Killian Lodo, DSAA ESAAB-Nevers, Indécision et Flux permanent, 2009


Le magazine Etapes propose, dans son opus 173 consacré aux diplômes des étudiants, une trentaine de projets sélectionnés. Vous pouvez les voir de plus près sur le facebook-style d'Étapes -------> ICI


L'Étudiant de Prague

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Youtube et Googlevideo mettent gracieusement à votre disposition des extraits du film d'Erik Galeen, L'Etudiant de Prague. Si vous voulez avoir un aperçu (en qualité un peu limite) de ce chef-d'oeuvre du cinéma expressionniste et fanstastique et surtout de cette exploration du thème du double...





En regardant ce film muet vous entendrez une bande-son qui vient illustrer les séquences. Il s'agit du mouvement Poco Allegretto de la 3è Symphonie de Johannes Brahms. Cet air pourra aussi vous paraître familier, son 'double' réadapté est utilisé comme sample par Serge Gainsbourg dans Baby Alone in Babylone, un autre hommage au cinéma Hollywoodien et ses figures mystiques d'écran.






Contact 2009-2010

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propesbat09.jpgPour rappel, Jean-Luc Fauvel et moi-même seront vos coordonnateurs pour cette année 2009-2010. Vous avez été abreuvez de tonnes d'informations, je vous rappelle l'essentiel: si jamais vous avez des questions, des précisions concernant cette année de propé, vous pouvez nous joindre à l'email suivant: propesbat2009@gmail.com

Bonne rentrée à tous et toutes!




Reconstruir Ciudades

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Un très bon colloque, (Re)Constructing Cities: Cartographies of Marques da Silva and beyond. Les séries de conférences ont (re)exploré les notions de villes et d'architectures au tournant des 19è et 20è siècle. Organisé par la FIMS (José Marques da Silva Foundation Institute) à Porto.



L'Échappée Belle

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echappebelle.pngJolie notion pour définir une partie de la nouvelle scène graphique française. Un projet de Charlotte Cheetham et le studio À Deux C'est Mieux.



L'exploit de l'Inutile

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"Après avoir lu tous les récits d'aventures polaires arctiques et antarctiques, de Sir Ernst Shackleton en passant par Paul-Emile Victor, Laurence de la Ferrière ou encore Mike Horn, après avoir vu Nanouk, La marche de l'empereur, la Planète Bleue et avoir pleuré avec la mort de l'ours blanc blessé par un morse dans le film La Planète Blanche, Donald Abad et Thierry Marceau décident à leur tour de partir pour les Pôles.

Pour l'exposition-évènement LOSER organisé par Folie/Culture, les deux aventuriers s'enfermeront chacun dans une chambre du Motel Canadien de Québec. Ils vivront trois jours entiers, séparés physiquement mais réunis mentalement (enfin, "grâce au Multimédia"), reclus, bloqués dans leur igloo par le blizzard, attendant l'éclaircie pour sortir.
C'est le récit vidéo, en live et en continu d'une aventure fantasmée et d'un ennui bien réel. Si loin des Pôles, si proches mais séparés par un mur, équipés par leur sponsor North Face malgré l'été indien québécois, nos deux aventuriers espèrent survivre à l'aventure afin de conter leur exploit.

Mensonges, omissions, stratégies de tournage, de masquage, de détournement, tous les moyens sont bons mais parfois plus complexes à mettre en oeuvre que de simplement raconter la vérité pour l'exposition LOSER.
Et si l'enjeu n'était finalement que sentimental : à savoir réconcilier à jamais cet ours polaire et ce morse ?
"

Cette performance des artistes vidéastes Donald Abad et Thierry Marceau et qui rappelle ces exploits de l'inutile ou les inventions sans futur mais révélatrices des angoisses et des obsessions modernistes est à suivre en vidéo et en flux continu sur Justin TV

Alternativement vous pouvez aussi compulser la liste des inventions les plus farfelues compilée par Life Magazine.


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DumbInventions2.jpga/ External Turkey Roaster, 1966 (photo: Reg Speller/Getty Images) - b/ Cigarette Holder Built For Two, 1955 (photo: Jacobsen/Getty Images) - c/ T.V. Glasses, 1963 (Inventor Hugo Gernsback / photo: Alfred Eisenstaedt/Time&Life Pictures/Getty Images) - d/ Cat-Mew Machine, 1963 (This mechanical cat can meow ten times and the eyes light up each time. This device for scaring rats is from Japan / photo: Keystone/Getty Images) - e/ Phone-Answering Robot, 1964 (A robot designed by Claus Scholz of Vienna answers the phone, though it cannot speak! / photo: Keystone Features/Getty Images) - f/ Venetian Blind Sunglasses, 1950 (Sorry Kanye! / photo: FPG) - g/ Hubbard Electrometer, 1968 (American science fiction writer and founder of the Church f Scientology L.Ron Hubbard uses his Hubbard Electrometer to determine whether tomatoes experience pain. His work led him to the conclusion that tomatoes "scream when sliced" / photo: Evening Standard/Getty Images) - h/ Shower Hood, 1970 (For the women who like to put makeup on their dirty faces / photo: Keystone/Getty Images)


Les Master Class du FDI

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Walter Salles, Central do Brasil (1998)


Le Forum des Images s'est refait une beauté. En plus de la bibliothèque François Truffaut (tiens!) vous pouvez aussi retrouver les Master Class de réalisateurs en streaming sur le site. Une manière intéressante de découvrir l'envers du décor... je vous recommande celles de Rithy Panh cinéaste cambodgien qui filme l'histoire dramatique de son pays, et celle de Walter Salles, chef de file d'une nouvelle vague brésilienne qui revendique son indépendance.


•Sujet #1

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Henrik Galeen, L'étudiant de Prague, la scène du combat entre Balduin et son reflet, 1926


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Jean-Pierre Léaud et la folie du double, image tournage, Baisers Volés (Truffaut 1968)


Dans le film L'étudiant de Prague, Henrik Galeen raconte l'histoire d'un pacte entre un jeune étudiant et le mage-sorcier Scapinelli. Sans un sou en poche le praguois Balduin vend son image au sorcier qui secrètement donne vie à ce reflet. L'image de lui-même va peu à peu phagocyter la vie de l'étudiant qui, tel un Dorian Gray moderne, ne doit jamais rencontrer son double visuel au risque de disparaître.

Quelques décennies plus tard, Truffaut exploitera cette idée du double. D'après Jean-François Martinon, le cinéaste de la Nouvelle Vague ne faisait pas mystère de son obsession de se créer un double d'écran. Ce sera Antoine Doisnel qui vivra la vie rêvée de Truffaut ou peut-être est-ce l'inverse...

Pour ce premier sujet vous allez vous aussi réfléchir à la notion antédiluvienne de double et du reflet. Vous travaillerez par paire, soyez donc très attentifs au choix de votre binôme!
Une copie imprimée du sujet se trouve dans vos casiers. Vous pouvez aussi le télécharger directement ici.



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Esbat_AMI-Sujet1.pdf / (mot de passe de déblocage donné demain à la réunion de rentrée. Merci!)


L'enfer toujours

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Pour faire suite au post sur la sortie prochaine du documentaire de Serge Bromberg révélant les rushes ahurissants des essais de Romy Schneider pour L'Enfer de Clouzot, et pour souligner la technique de l'overlapping (superposition), voici deux clips éloignés l'un de l'autre dans le temps cependant assez similaires formellement. Et un troisième pour le plaisir (merci Brice!) qui, magie de son réalisateur Michel Gondry, joue de la narration en deux temps mais dans le même espace.
La superposition est aussi une technique presque idiosyncratique du graphiste Karel Martens dont les posters jouent de ce procédé productif qui mêle deux images, deux formes, pour en produire une troisième.


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by Karel Martens



Ci-dessous le générique ultra-revu du deuxième opus des aventures de James Bond, From Russia With Love (Bons Baisers de Russie). Filmé en 1963 par Terence Young, le générique est réalisé par Maurice Binder (qui avait aussi mis la main à la pâte sur celui de Dr No) et exploite la technique de la superposition de manière sexy-en-diable, les titres e t crédits défilant littéralement sur le corps de danseuses du ventre.





Le vidéo-clip du groupe Lucky Soul, Lips Are Unhappy, un grand classique, est le plus proche formellement des essais de Clouzot. La chanteuse est dos à un écran de projection et subit les assauts d'images stroboscopiques qui viennent flirter sur son visage créeant une animation simple.





Enfin le clip des White Stripes pour leur single Dead Leaves and The Dirty Ground, réalisé par le génie du recyclage Michel Gondry. Une maison vide dont les pièces servent de projection au temps passé (cette superposition spatio-temporelle sera d'ailleurs détourné pour la série des films publicitaires d'EDF GDF, comme quoi, le recyclage est le bien le plus partagé au monde...)