Pas d'OPA à la Villa mais un INTRU

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La Villa et le Piazzale © 2009 Académie de France à Rome - Villa Medici (photographie G.Causati & P.Zagami)


Contre ses attentes, ce n'est finalement pas Olivier Poivre d'Arvor qui remplacera Frédéric Mitterrand comme directeur de l'Académie de France à Rome. Le 07.09.09 l'Elysée a nommé Éric de Chassey, Normalien, Professeur d'Histoire des Arts Contemporains et membre de l'excellente équipe INTRU de l'Université François Rabelais de Tours. Il devient ainsi le 44è directeur de la Villa Médicis.
Fondée en 1666 par Colbert, l'Académie de France à Rome fut d'abord située au Palais Mancini avant d'être transférée en 1803 à la Villa Médicis. Cette institution-résidence permettait aux lauréats du Prix de Rome de venir parfaire leur art au contact des merveilles classiques de la ville éternelle.
En 1968 le ministre Malraux supprime le Prix de Rome. l'Académie des Beaux-Arts et l'Institut de France perdent alors leur tutelle sur la Villa. C'est le Ministère de la Culture qui poursuit la mission fixée par Malraux et étend le recrutement des pensionnaires aux autres champs artistiques jusqu'alors ignorés ou snobés.
Si l'Académie de France a connu de prestigieux directeurs comme Ingres ou Balthus, ce sont les pensionnaires de la Villa Malín (surnom donné par Christophe Deshoulières (1)) qui font et défont sa réputation. Il en va ainsi du styliste Pascal Gautrand, premier designer mode accepté à la Villa, et son exposition When in Rome do as Romans Do, une collaboration fructueuse avec les sartorie (ateliers textiles italiens) de Rome. Ou de l'écrivain-critique Hervé Guibert qui dans son roman L'Incognito parle de l'Académie espagnole (encore un surnom!) comme d'un pensionnat aux "murs avec des tâches jaunes d'infiltration, le frigidaire qui puait, une misérable armoire en contre-plaqué qui ne fermait plus, une chaise défoncée avec le rotin arraché, du sous-Ikéa exténué sur lequel auraient craché les chiffonniers d'Emmaüs".
Les choses ont-elles évoluées au sein cette belle endormie romaine? Éric de Chassey compte en tout cas poursuivre le chemin tracé par son prédécesseur: "ouverture de la Villa au public, ancrage méditerranéen de son activité, élargissement du recrutement des pensionnaires aux pays francophones" et dit-il "lier le plus possible le présent à l'histoire" (2).



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(1) en 2008 Christophe Deshoulières, ex-pensionnaire de la Villa, publie Les Mal-aimants: Néo-Roman, un Décaméron contemporain dont l'action se situe à la Villa Malín, surnom qui ne trompe personne...
(2) Philippe Ridet, Eric de Chassey, adoubé à la Villa Médicis par Frédéric Mitterrand, Le Monde, 08.09.09