mai 2009 Archives

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Gérard Courant, Cinématon #45, Philip Dubuquoy, Fait à Vanves (France)
le 4 janvier 1979 à 12 heures 30



51.jpgGérard Courant, Cinématon #51, Abdou Achouba,
Fait à Berlin-Ouest (République Fédérale d'Allemagne) le 26 février 1979 à 14 heures


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Gérard Courant, Cinématon #67, Serge Daney,
Fait à Paris (France) le 15 juillet 1979 à 15 heures 30



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Gérard Courant, Cinématon #106, Jean-Luc Godard,
Fait à Berlin-Ouest (République Fédérale d'Allemagne) le 22 février 1981 à 11 heures 30


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Gérard Courant, Cinématon #149, Orlan,
Fait à Paris (France) le 31 octobre 1981 à 0 heures 15


Pour poursuivre dans la veine d'Artaud et sa fascination pour le théâtre balinais et extrême-oriental, les Cinématons de Gérard Courant subissent l'influence certaine du principe japonais du Ma (qui pourrait grosso-modo se traduire par un vide ou un silence qui contient du sens). Les cinématons doivent aussi aux Screen-Tests (1964-1966) d'Andy Warhol. Constantine Verevis dans son article Andy Warhol pour Sense of Cinema, explique qu'en étendant et combinant la technique sérigrphique des "portraits répétés" à ses expériences filmiques, Warhol génère des vidéo-portaits (généralement de 4 minutes, la durée d'une bobine de 16mm pour caméra silencieuse Bolex) qui montrent sa fascination pour le camp et le culte de la célébrité (le fameux quart d'heure!).

Warhol en plus d'être le pape vénéré de la Factory était aussi un régulier de la Filmakers' Co-op et chaque Screen-Tests (4 minutes donc de gros plans 'immobiles' sur des celebs face à une caméra fixe) était projeté hebdomadairement à la Co-op sous le titre Andy Warhol Serial. Cette manière warholienne de produire 'industriellement' sera plus tard recyclée, elle aussi, dans deux projets magnifiques The Thirteen Most Beautiful Women et The Thirteen Most Beautiful Boys (1964-65).


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Andy Warhol, Screen Test: Ingrid Superstar (still) 1966


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Andy Warhol, Screen Test: Dennis Hopper (still) 1966


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Andy Warhol, Screen Test: Gerard Malanga (still) 1966



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Andy Warhol, Screen Test: Lou Reed (still) 1966


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Andy Warhol, Screen Test: Jane Holzer (still) 1964


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Andy Warhol, Screen Test: Jane Holzer (still) 1964


Gérard Courant présente lui ses Cinématons, dont le premier fut projeté en 1978 aux journées du Cinéma Militant à Rennes, comme des films super 8 muet en kodakrome ou noir et blanc, qui forment  "une série cinématographique de portraits filmés montrant une personnalité des arts, de la culture, de la politique ou du spectacle, en un seul gros plan fixe et muet, dans lesquels elle est libre de faire ce qu'elle veut".
Je laisserai Michel Foucault, votre philosophe bien connu, mieux vous en parler:
 
" Ça serait une erreur de croire que Cinématon a à voir avec le sadisme ou le masochisme. Il n'y a pas de lien sadique ou masochiste entre les gens filmés et celui qui les filme. C'est beaucoup plus une question de souffrance-plaisir. Plaisir de se trouver face à la caméra. Souffrance d'y rester. Et pour le cinéaste, plaisir de filmer. On pourrait même dire que cette souffrance et ce plaisir sont indissociables, que ce ne sont pas deux qualités qui se complètent mais bel et bien une seule et même qualité. Bien entendu, tout ça est voulu par ceux qui acceptent de se plier aux règles du Cinématon. Le simple fait de se prêter à ce jeu implique, au départ, une volonté de s'enchaîner à votre caméra et, pendant que le film se fait, une envie de s'en libérer, de partir, de tout laisser tomber, dire : « Stop »"


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Pr. Ahn Sang Soo, Alain Le Quernec, graphic designer, Cuba, 2001


AZOOZI_3_resize.JPGPr. Ahn Sang Soo, Choi Yoon-Sung, Azoozi, sculptor+musician & musician+multimedia artist, Seoul, 2007


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Pr. Ahn Sang Soo, Lars Müller, publisher, Amsterdam, 2007


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Pr. Ahn Sang Soo, Milton Glaser, graphic designer, New-York, 2007


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Pr. Ahn Sang Soo, Kim Won-Bo, photographer, Seoul, 2009


Cet enchaînement on le retrouve aussi, mais pas où on l'imagine, dans la série des portraits photographiques-à-la-volée du professeur Anh Sang-Soo qui parcourt la planète communication visuelle-graphisme pour 'tagger' les figures plus ou moins connues du milieu. Les gens sont photographiés se masquant l'oeil (quel symbolisme?) et ce geste qui au départ n'apporte pas grand-chose, devient à force d'être répété, une sorte de masque révélateur. Cet oxymore facile pour dire que plus vous vous amusez à mater cette série de figures, plus le besoin peut vous venir de vouloir voir comment est le monde vu par un cyclope.
Un malaise proche du sadisme exprimé par Foucault pour les Cinématons (et qui aurait aussi bien pu s'appliquer aux Screen-Tests de Warhol qui parfois demandait à ses modèles de ne pas cligner des yeux) naît qui nous met dans une position de voyeur lui aussi enchaîné à cette suite de portraits, et le prochain alors il se couvre quel oeil?

Silence, activité, immobilisme, instantanéité, fascination, malaise, plaisir, répétition, autant de pistes de jeux que vous pouvez vous aussi explorer dans vos travaux. Le champ est grand ouvert!







Théoriser les modernités...

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L'année 1993 n'est pas seulement connue parce qu'un certain River Phoenix mourrait d'une overdose sur le trottoir du Viper Room, célèbre club de Hollywood et propriété de Johnny Depp. C'est aussi la grande époque postmoderne, et d'une certaine manière Phoenix, enfant d'une secte et star précoce, est à l'image d'une postmodernité parfois vue comme nihiliste ou habitée d'indifférence et d'oubli volontaire.

 
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Gus van Sant, My Own Private Idaho (1991)


Dans le film de 1991, My Own Private Idaho (Gus Van Sant), River Phoenix joue Mike, un jeune homme qui souffre de moments d'absence proches de la narcolepsie. Ces moments n'arrivent que lorsqu'une femme l'approche, lorsqu'on lui parle de sa mère et lorsqu'il se retrouve sur une certaine autoroute traversant l'Idaho. Étrange comme la postmodernité pourrait presque être perçue comme cette autoroute magique et si lointaine pourtant du chemin rectiligne et bien pavé de briques jaunes du magicien d'Oz. C'est la route de l'oubli et du recommencement éternel mais pas forcément celle de l'ennui. C'est celle d'épisodes faits de brics (tiens!) et de brocs, de réappropriation, de déconstruction et de cuts-ups voulu par le réalisateur.
 

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Victor Fleming, The Wizard of Oz (1939)


Bref, a trop vouloir opposer l'idéale perfection de la modernité et le maniérisme éclectique de la postmodernité on en oublierait que l'une n'est peut-être que la suite logique de l'autre et que, comme les endormissements actifs de Mike, la modernité a aussi enfanté des instants postmodernes et inversements. Ce que Artaud dans son théâtre de la cruauté, aurait appelé "la fin de la subjugation du théâtre pour le texte et le besoin d'un language unique entre pensée et geste" (c'est à dire utiliser les mots comme formes magiques actives et donc quitter une certaine forme de réalisme objectif) est probablement la quintessence recherchée par une modernité vieillissante qui se serait muée en postmodernité éclatante. Il n'y a donc pas de fin de la modernité mais plutôt un dépassement (Überwindung) et un dévoilement de ses nouvelles frontières.


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Kurt Schwitters, Merzbau, Cathédrale de la Misère Érotique (1929-1936)
© adagp, Paris, 2000. Le Merzbau de Hanovre (détruit)


Pour comprendre tout cela et plus, revenons à cette fameuse année 1993. Cette année-là Steve Giles éditait (comprendre regroupait un corpus de textes) un excellent livre qui tentait pourtant de corriger les visions souvent caricaturales de la modernité. En quelques 200 pages, vous apprendrez comment entre 1890 et 1930 la culture occidentale s'est vue radicalement entrer en crise et comment les artistes ont répondu au modernisme européen naissant et orbitant (Richard Sheppard); vous vous délecterez certainement des réactions ambivalentes d'Appolinaire et Alberti face à l'âge de la machine (Bernard McGuirk); le travail des vorticistes et de Wyndham Lewis se dévoilera (David Wragg); le mouvement Merz et les écrits qui en découlent, notamment ceux de Kurt Schwitters le fondateur du mouvement, seront décortiqués pour laisser apparaître un potentiel (post)moderne (Mike Johnson); enfin Giles conclut le livre par une démonstration attendue sur les relations entre modernité et avant-garde, postmodernisme et modernité.

Et, oh joie, pour les anglophones et anglophiles parmi vous, le texte du livre de Steve Giles est disponible en libre accès sur la plateforme youtubesque Scribd. Je vous conseille donc d'y jeter un coup d'oeil, faites-le vous traduire si nécessaire, c'est un effort plus qu'utile.


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Je vous parlais du travail de Laura et de son projet Balilove mué en détournement de site. Le buzz est déjà convoqué puisque Le Post en fait ses choux gras. Et que la mairie s'estime, je cite, "piratée". Beaucoup de bruits pour rien? En tout cas la question se pose de savoir comment les dignes institutions 'digèrent' l'humour et la blague et si ceux-ci sont toujours de bon ton surtout lorsqu'ils usent du détournement (entre autres).

Toujours sur Le Post, un article amusant, car il s'agit pourtant souvent d'être légèrement sérieux, les revisitations des couvertures de Martine. Votre génération n'est peut-être pas celle qui a froncé des yeux et tapé des pieds quand à la bibliothèque municipale le dernier opus de Martine filait dans les mains d'un autre et pourtant vous devez certainement vous rappeler de ces couvertures un peu gentilles, un peu flou hamiltonien, trop simplettes pour ne pas en dire plus. Bref.

 
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Martine faisait tout ce qu'une petite fille des années cinquante (première diffusion en 1954) pouvait rêver de faire; elle allait à la ferme, à la plage, à la montagne, elle cuisinait et devenait même une petite maman (1968!). Martine, créature de papier des belges Delahaye et Marlier, c'était une version un peu grotesque des filles bonnes à tout faire mais surtout à ne rien dire. Un tantinet naïf, le dessin est symbolique d'une vision surannée, pour ne pas dire désuète, de la société. Tout est rose chez Martine. Tout se finit bien. La critique est donc facile mais plombante quand elle évite le décalage.

7668590109a61c92c97fa727a04e4cb3.jpgDe décalage et de détournement il en est donc question dans Le Générateur de couvertures de Martine. Voilà un travail de codage de site qui commence en Octobre 2007 et devient vite un micro-phénomène au point que les éditions Casterman et les ayant-droits demandent la fermeture du site. Pour notre plus grande joie de potaches attardés, un bienheureux a pourtant bravé la censure et ré-utilisé le code (libre de droit) et voici donc une série de détournements décalés, souvent proches des préoccupations actuelles.

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Vous constaterez quand même qu'on peut faire dire tout et n'importe quoi à des images et que, dans ce cas, c'est la nature même de la série et son sérieux simpliste qui sont victimes des parodies un peu con-con ou carrément obliques-astucieuses des internautes.
Peut-on légalement récupérer des images de marque, des symboles, des photographies et les détourner? Certainement oui et non, tout dépend comme dirait La Fontaine, si la flatterie est à la hauteur de la moquerie et si ne voulez pas vous faire amender.
Il est pourtant sain dans une société qui pullule d'images qui se chassent les unes les autres de parfois s'interroger par le biais du décalage, de la parodie, de l'ironie. Ces armes légères mais aux portées souvent justes et inattendues provoquent le passant passif. J'en veux pour preuve le travail des Graphistes Associés qui souvent ré-utilisaient les codes et les images banalisées pour en faire des objets exceptionnels d'intelligence ou questionnement et critique marchent de paire.


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Les graphistes associés, affiches La Femme Offensée, Hitler-LePen (c. 1998)
Les graphistes associés-Anne Marie Latrémolière, "Partager", Festival Graphisme dans la Rue (c. 2005)


Parfois l'humour se fait aux dépens de ceux qui involontairement provoquent une lecture décalée des images qu'ils proposent. Ainsi la communication de l'agence Cossette au Québec nous donne plus l'impression d'être une confrérie de fervents du capillaire sub-nasal que des capitaines de l'industrie du marketing. Ou alors un boys-band façon Tricatel.


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Cossette Communication Marketing


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Bertrand Burgalat, patron du label Tricatel


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Philippe Katerine, employé parfois du label Tricatel


Les années 60-70s font d'ailleurs bizarrement les délices des parodieurs de tous genres. Entre les tenues de Julien Doré sur la reprise de Lolita et sa vidéo des Figures Imposées, mise en scène par les Papes des vidéos décalées des messages à caractère informatif (Nicolas et Bruno Canal Plus), il y a comme une overdose joyeuse de la période pattes d'eph et pelle à tarte.
Même le revendicatif mois de Mai est détourné au grand dam de ses enfants qu'on retrouve dans les rues ces temps-ci pour un revival nécessaire. Ainsi Leclerc le pourfendeur des petites surfaces revisite fatalement les affiches de l'Atelier Populaire.


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Last but not least, un autre toulousain (décidément cette ville flirte avec la rébellion!) a récemment reçu les foudres des avocats du site communautaire Facebook pour parasitage et détournement de propriété intellectuelle. Ah! La propriété intellectuelle! Elle a, semble-t-il, bon dos dans ce cas particulier. Si maintenant les sonorités deviennent des terrains minés alors n'appelez pas votre restaurant La Gerbe D'or, on pourrait se méprendre.


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(1)

Baptiser son site FacedeBouc ne peut décemment pas faire de tort à qui que ce soit. Ce n'est pas une contre-façon facile (1) ni un ovni de la revendication bon teint. C'est plutôt même drôle. Si FacedeBouc peut faire penser à Facebook, alors ce n'est, pour reprendre l'argument de Michel-Edouard Leclerc que de la tartufferie. Et oui, la ligne de défense des uns peut servir celle des autres. (le texte de M.E.L est absolument à lire, ou quand le géant du commerce critique la critique et donne dans le décryptage d'images, attention les yeux!)


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(2)

L'essentiel de ce papier pourrait se résumer dans une autre affiche de mai 1968 (2). Je vous propose plutôt de (re)regarder les vidéos d'un suisse un peu hors-norme. Hatman est le créateur des Petits Contes Technologiques, critiques de notre société moderne à l'humour encore une fois salvateur!
Après tout c'est bien de cette société qui vit en surproduction de tout et surtout d'images dont il faut être le métronome ironique et vigilant...


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Hatman, Les Petits Contes Technologiques épisode 15


Fac-similaire

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deux curiosités, la première pour l'inventivité de Pennebaker et de Dylan et la deuxième pour la 'réactivation' du has-been super Chamfort. Pas mal. Notez la présence d'Allen Ginsberg, le barbu dans le coin gauche de l'allée du Savoy-Londres... dans quelle vidéo? A vous de trouver!






EntreTemps, Pas-Tant

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Thomas, Frank et les autres

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Le festival de Cannes démarre, Roland-Garros et l'Eurovision sont au coin de l'écran, le Star Trek de JJ Abrahams propose un curieux rapport à l'espace et au temps, il est impossible de trouver Les Écrits sur l'Art de Proust et les galeries ici et ailleurs présentent des artistes qui peuvent réveiller unpeubeaucoup vos chakras créatifs! Renseignez-vous, surfez, sortez surtout et soyez des éponges!
Dans le désordre le plus volontaire donc, et pour faire preuve de la théorie du junctim chère à Adler, voici Thomas, Frank, Rodney et les autres...



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Thomas Lélu, LVMHOOQ, panneau de bois peint, 200 x 130 cm, 2006



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Thomas Lélu, Sans Titre, acrylique sur papier, 41 x 34 cm (encadré), 2007



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Thomas Lélu et Jean-Max Colard, Nat, After Nan Goldin, photographie couleur contrecollée sur aluminium, 27,5 x 41 cm, 2006



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Laurent Saksik, Nuage jaune, tirage sur aluminium, 100 x 130 cm, pièce unique, 2007



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Laurent Saksik, Nuage rouge, tirage sur aluminium, 100 x 130 cm, pièce unique, 2007



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Laurent Saksik, A Ghost is Born, toile enduite sur châssis, (190 x 250 x 5 cm), acrylique, caméra de surveillance, ordinateur portable, chaise, table Franzoni, 2003-2004



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Laurent Saksik, Air (vue d'exposition à Sélestat), acrylique sur cube de verre extra blanc feuilleté, 200 x 200 x 200 cm, 1998



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Tania Mouraud, One More Night, chambre de méditation, bois stratifié, son, 950 x 425 cm, Galerie Rive Droite, Paris, 1970 (photographie A. Morin)



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Tania Mouraud, How Can You Sleep, installation permanente, vue du FRAC Lorraine, 14,5 x 30 cm, Coll. FRAC Lorraine, Metz, 2005



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Tania Mouraud, Borderland, tirage jet d'encre sur papier Fine Art, 40 x 60 cm (Edition de 3), 2007



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Frank Selby, Monumentnemunom, graphite et aquarelle sur papier, 33 x 20 cm, 2008



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Frank Selby, Laughter, graphite sur calque, 81 x 71 cm, 2008



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Rodney Graham, Dance!!!!!, two painted aluminum lightboxes with transmounted chromogenic transparencies, 272 x 350,5 cm (Edition of four and one Artist's Proof), 2008



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Rodney Graham, Lobbing Potatoes At A Gong, super 16mm black and white film, 10:59 minutes projected on continuous loop, Digital Stereo sound, Super 16 xenon projector with looper, amplifier, Two speakers, one sub-woofer, Synch electronics, Painting, Drawing, Black and White print, Bottle of potato vodka with vitrine (Edition of four), 2006



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Rodney Graham, Loudhailer, installation view, two unsynchronized 35mm films with separate unsynchronized CD audio, video 10:00 minutes continuous loop, audio 3:00 minutes continuous loop (Edition of three and one Artist's Proof), 2003



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Rodney Graham, Loudhailer, production still, two unsynchronized 35mm films with separate unsynchronized CD audio, video 10:00 minutes continuous loop, audio 3:00 minutes continuous loop (Edition of three and one Artist's Proof), 2003



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Yang Fudong, Look Again -- Nº1, lambda digital print, 114 x 86 cm (Edition of ten), 2004



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Yang Fudong, Look Again -- Nº3, lambda digital print, 114 x 86 cm (Edition of ten), 2004



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John Waters, Pig Latin (detail), chromogenic color print, 8 photos, 37,5 x 220,3 cm (framed), (Edition of 5), 2009


 
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Pierre Huyghe, This Is Not a Time For Dreaming, live puppet play and super 16mm film transferred to DigiBeta, 24 minutes, color, sound, 2004

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Pierre Huyghe, The Third Memory, double projection, beta digital, 9'46", 1999



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Dan Graham, Glass Office Building / Window Highway Restaurant, two color photographs, 25 x 34 inches, 1978/1969



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Koenraad Dedobbeleer, Various Difficulties Entailed in the Act of Recollection, nickle and enamel, spray painted, ± 7 x 3 x 3 inches, (Edition of 3), 2009


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Koenraad Dedobbeleer, With the Patient Lack of Interest, poster framed in wooden frame ± 75 x 28 x 2 inches, 2009



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Koenraad Dedobbeleer, Both Gratitude and Distaste, rubber and cardboard, ± 24 x 21 x 20 inches, 2009



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Group Exhibition, 3 Artists Selected by Dan Graham and a work by Dan Graham (installation view 303 Gallery), 2009



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galeries / sites à visiter
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galerie Dominique Fiat
gallery 303
Pierre Huyghe
Thomas Lélu
gallery Gagosian
gallery Marian Goodman


Nick Cortese

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Nick Cortese, Ghost, gouache sur papier, 61 x 46,5 cm, 2004


The Little Unhappy Drawing Factory Show de Nick Cortese, du 16/05 au 20/06, à la galerie JeanRoch Dard à Paris. Nick Cortese est né en 1984 en Californie. Il vit et travaille aujourd'hui à New York.
"avec le dessin, je me donne le luxe de fabriquer des déclarations plus ouvertes sur la modernité que dans mes peintures, qui doivent être plus pointus. c'est une tentative, à ma manière blagueuse mais malheureuse, de faire rentrer la profusion d'objets, d'espaces artistiques, d'images et de formes associées au modernisme en une seule et même parade néantisante de choses et de surfaces. il ne me déplairait pas si quelqu'un pensait qu'il s'agissait là d'un commentaire sur la pauvreté totale de l'illustration contemporain, car une fois morte l'idée auto-reflexive de l'honnêteté des matériaux, je crois que tout devient illustration, juste un texte plus ou moins compliqué, même si ce texte concerne un objet pris dans un interstice, un non-espace."


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Nick Cortese, Girl in Bed, graphite sur papier, 60 x 80 cm, 2005


Stock Exchange

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Lucas Pradalier, Ratzinger, 2009


L'école supérieure des beaux-arts de Tours présente Stock Exchange, une exposition collective des étudiants du cursus art sur une proposition de Cécile Hartmann. Il s'agit d'expérimenter des rapports actifs entre un signe et une représentation, un geste formel et un signifiant, un format et une vision.
Les notions abordées dans ces travaux privilégient les interactions spécifiques que (re)construit le médium pictural avec une réalité actuelle liée à la culture urbaine, aux masses média, aux nouvelles technologies et aux mutations de l'environnement.
Au coeur du dispositif que constitue l'exposition, une petite statuette de l'Egypte ancienne, nommée Le chef des peintres, vient par sa présence anachronique - en vis-à-vis des signes de l'hyper-modernité convoqués par les étudiants dans leurs recherches - apporter le mystère de sa couleur et de son immobilité.
(Avec l'aimable participation d'Antoine Parlebas)



BaliLove

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Un bel exemple de parasitage, Balilove bouleverse les moeurs des Toulousains! Le projet multimédia de Laura Couto Rosado élève de 3ème année opt.design aux Beaux-Arts possède, vous le verrez, une adresse url peu commune. Encore bravo!


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Machine Molle

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À la recherche du rêve de la vie en rose... couchez vous de bonne heure et réveillez vous plus tôt encore. En attendant, cette petite pépite charmante de pop roudoudouesque mais au montage intéressant et aux superpositions moins arte povera-kitsch qu'il n'y paraît: Robert Wyatt en duo avec le roi de la néo-pop française Bertrand Burgalat. Wyatt était l'ancien batteur-chanteur de Soft Machine, groupe qu'il quitta à leur quatrième album (Fourth) pour fonder le glorieux Matching Mole (Machine Molle en française, traduction improbable de Soft Machine!).




Burgulat et Wyatt, This Summer Night



Le mou, voilà qui pourrait en dire long sur la vie en rose, concept plus que cul-cul si on devait en rester là. Sauf que MOU c'est aussi Memorandum Of Understanding (joie des acronymes), sorte de document juridique qui décrit un accord bilatéral ou multilatéral entre parties. Le MoU ne faisant pas partie dans le droit anglo-saxon du Softlaw (ou Droit Mou) qui est cet ensemble des règles dont la juridicité (et donc la jurisprudence) est contestée voire contestable.
Le droit français qui régit la vie sociétale est d'ailleurs plein de ces curiosités molles ou gazeuses (indicatrices de potentielles vies en rose? peut-être...) dont notamment le fameux texte de Novembre 1968 sur la loi d'orientation de l'enseignement supérieur (en caractère Comic Sans cela va de soi):

    Les universités doivent s'attacher à porter au plus haut niveau et au meilleur
      rythme de progrès les formes supérieures de la culture


Haut niveau. Forme Supérieure. La culture et l'art se nicheraient-ils dans les skycrappers à l'américaine? Ou comment la notion d'idéal, souvent lié à la vie en rose, est tout bonnement ridicule.

Revenons à du vrai mou. Du mou intéressant. Le travail de l'artiste québécoise Valérie Blass prend comme matériau le mou ou en tout cas le non-dur, ses cochons gris souris sont incroyables de spongiosité, de devenir, de mutation, bref de cette matière qui rappelle les épisodes d'Ulysse 31 (Le Marais des Doubles) ou avatars et copies deviennent identiques...



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Valérie Blass, Cochons en Gris Souris, 2005


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u5.jpgJean Chalopin, Nina Wolmark, Ulysse 31, Le Marais des Doubles, 1981

 
Voir aussi le travail de Suzanne Dhéry dont les dessins un temps vus lors de sa résidence au Point Éphémère (2006) exploraient la notion de rondeur, de bonbons coulants, de jus rosé. De son côté Jérôme Ruby imagine un monde du consensus mou qui n'est peut-être pas si éloigné des Cauchemars et Caprices de Goya (dont les Chapman s'inspireront fort noblement).



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Suzanne Déry, Cherry Blossom, 2005



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Jérôme Ruby, Fort Mou, 2005


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Francisco de Goya, Les Désastres de la Guerre, Planche 37, c.1812


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L'orgasmatron in Barbarella (dir. Roger Vadim), 1968


Mellotron.jpgLe mellotron version spatiale, c.1973



Et pour finir comme on a commencé, Robert Wyatt en plus d'être le batteur jazzy que l'on sait maîtrisait aussi parfaitement le mellotron, sorte de piano à bandes magnétiques dont l'album Space Oddity (Bowie) vous fait entendre les sonorités 60s-70s. Le mellotron inspira de façon lointaine l'orgasmatron de la Barbarella de Jean Claude Forrest, machine infernale inventée par le personnage du professeur fou Durand Durand et qui est sensée procurer à ses victimes des orgasmes à la chaîne... ou quand les préoccupations fordiennes rejoignent celles des désirs incontrôlés. Nous en reparlerons ainsi que de la bande-dessinée des années 60... époque rose, pink, subversive s'il en est mais tellement inventive aussi!




cette vidéo des années 60 a l'intérêt dans son introduction, de nous faire immédiatement penser à une époque d'âge d'or, idéalisée dans les films commerciaux de l'époque, un instant vie-en-rosesque finalement!


Hors-Jeux

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Principe intéressant de l'exposition collective à l'espace culturel François-Mitterrand à Beauvais.
Hors-Jeux est de milles façons liée au sport mais surtout à sa règle, la onzième, empruntée au football: un joueur est en infraction lorsque celui-ci ou une partie de son corps est plus près du but adverse qu'à la fois le ballon et l'avant dernier joueur de l'équipe opposante.
Toute la question de la performance, du dépassement (ici au propre comme au figuré), d'être le meilleur et donc de réussir est ici posée. Qu'est-ce que la victoire si on est hors-jeu? Qu'est-ce que la perfection? L'idéal sportif n'est pas de participer mais de gagner contrairement à ce que l'on veut bien nous faire entendre. La participation n'étant que la résignation de la défaite pour paraphraser Raphaël Enthoven et sa phrase étincelante dans l'Endroit du Décor, "l'espoir est l'alibi de la résignation".



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Laurent Perbos, Rocking, 2009 (production espace culturel de Beauvais)



La question du hors-jeu comme position est aussi importante. Ne pas être dedans mais hors-de c'est avoir un point de vue certes excluant mais aussi exclusif. Dans cette optique, le travail de Charles Fréger, présenté dans le cadre de Hors-Jeux, vaut pour ses répétitions de genre(s) qui débanalisent plus qu'elles ne discutent vraiment de sport (voir pourtant sa série Steps qui souligne la propagande sportive) et qui semblent mettre hors-circuit des ensembles unitaires qui n'existeraient que par affinités assimilantes (uniforme, couleur, team spirit...).

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Laurent Perbos, Le Ballon Le Plus Long du Monde, 2008



Mais Hors-Jeux est aussi au pluriel. Qui implique, en plus du positionnement, la notion donc de jeu. Les anglo-saxons ont une formule idiomatique playfulness. Il en est aussi question dans cette exposition, d'humour, de jeu comme moyen de distanciation et comme sujet.
Le travail de JD Hollingshead montre un banc de musculation fait main, à l'ancienne donc, mais que l'artiste utilise, entretenant avec son oeuvre un rapport de démiurge sportif et compétiteur. La répétition, encore, mais cette fois-ci au service de l'humour décalé avec la sculpture de Laurent Perbos(2), ou comment fabriquer un ballon qui entrera toujours dans les cages de loin et faire un clin d'oeil à Duchamp?
Bref on le comprendra, c'est le rapport, sensible ou non, évident ou pas, que peuvent entretenir les artistes avec le sport, grand mot, qui est au coeur de Hors-Jeux mais bien plus aussi puisque l'on est hors du je, hors des jeux mais en même temps si installé dans ce lien à l'activité la plus fondamentale depuis le cirque Romain.



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Charles Fréger, Winner Face 7, Steps, 2001-2002


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Charles Fréger, Winner Face 9, Steps, 2001-2002


871.jpgCharles Fréger, Winner Face 12, Steps, 2001-2002


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Charles Fréger, Water-Polo, Water-Polo, 2000


956.jpgCharles Fréger, Water-Polo, Water-Polo, 2000


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Charles Fréger, Water-Polo, Water-Polo, 2000


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Charles Fréger, Cristalline 1, Majorettes, 2000-2001


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Charles Fréger, Lovely Girls 1, Majorettes, 2000-2001


986.jpgCharles Fréger, Phénixias 1, Majorettes, 2000-2001


1004.jpgCharles Fréger, Colombes 1, Majorettes, 2000-2001


1009.jpgCharles Fréger, Atomics 1, Majorettes, 2000-2001






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(1)
JD Hollingshead, Forensic, 2009 (production ville de Beauvais)
(2) voir aussi pour Hors-Jeux ses sculptures Rocking, improbables balles de tennis-baseball impraticables mais tellement sport!


Claire Fontaine est un duo français d'artistes ready-made. Ou comment le concept s'enrichit souvent du décalage. À voir et à (re)découvrir!


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Claire Fontaine, Change, 2006




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Claire Fontaine, Mots D'ordre, Mots de Passe, Fondation Ricard, 2005